Les data centers d'IA utilisent moins de cuivre

La construction de centres de données dédiés à l'intelligence artificielle consomme nettement moins de cuivre que les industries traditionnelles, selon des données présentées lors de la LME Week à Londres. Malgré des cours du cuivre avoisinant les 14 000 dollars la tonne, ces centres de données ne représentent qu'environ 3,6 % de la consommation mondiale de cuivre, qui s'élève à 28 millions de tonnes par an.

La demande de cuivre liée à l'IA est limitée

Une analyse détaillée des Echos indique qu'un investissement de 1 million de dollars dans des centres de données génère une demande d'environ 600 kilogrammes de cuivre. En revanche, le même investissement dans la construction ou dans l'automobile mobiliserait entre 1,5 et 1,8 tonne de cuivre. Graeme Train, de Trafigura, souligne que l'IA est environ trois fois moins intensive en métal que les secteurs traditionnels.

L'étain et le plomb suscitent l'attention

Si le cuivre reste au centre des regards, d'autres métaux comme l'étain et le plomb gagnent en importance pour les centres de données d'IA. L'étain, utilisé pour souder les composants des cartes mères et des accélérateurs graphiques, a vu son cours passer de 20 000 à plus de 50 000 dollars la tonne depuis la fin de 2022. Cette hausse souligne l'importance croissante de ces métaux moins conventionnels dans la fabrication électronique.

Le retour du plomb dans les centres de données

Les centres de données relancent également l'intérêt pour le plomb, principalement en raison de leur recours à des systèmes d'alimentation sans interruption (ASI, ou UPS en anglais). Ces systèmes utilisent des batteries au plomb pour pallier les micro-coupures de courant, et représentent 8 % de la consommation mondiale de plomb. Cette part est presque trois fois supérieure à celle du cuivre dans la même catégorie.

Une hausse du cuivre due à d'autres causes

Malgré l'impact limité des centres de données d'IA sur la demande de cuivre, son cours a continué de grimper. Selon Crédit Agricole, cette hausse s'explique largement par une baisse de l'extraction de cuivre, notamment un recul de 2,5 % en Amérique du Sud. Ce problème d'offre constitue un facteur clé de la flambée actuelle des cours.

Les stocks de cuivre, une opportunité

La hausse des cours du cuivre offre des opportunités aux gestionnaires d'infrastructures de télécommunications. En remplaçant les anciens réseaux en cuivre par la fibre optique, les entreprises peuvent revendre de grandes quantités de cuivre. Ainsi, l'opérateur britannique Openreach a déjà extrait plus de 22 000 tonnes de cuivre de son réseau, le transformant en un actif précieux.