L'économie américaine devance l'UE

Les indicateurs économiques récents montrent que l'économie américaine se porte mieux que celle de l'Union européenne, les données PMI flash de S&P Global pour octobre indiquant une dynamique solide aux États-Unis, tandis que les perspectives de croissance dans la zone euro s'affaiblissent.

Reprise manufacturière et créations d'emplois

Jonathan LaBerge, de BCA Research, note que l'activité manufacturière est en reprise, la création d'emplois dans l'industrie ayant atteint son rythme le plus élevé depuis mars 2012. Cette tendance rejoint les promesses de campagne de Donald Trump de ramener les emplois manufacturiers aux États-Unis, en recourant souvent aux droits de douane comme stratégie.

Des résultats PMI contrastés

La composante manufacturière du PMI a légèrement progressé, passant à 56,0 contre 55,9, tandis que le secteur des services a ralenti, à 57,9 contre 58,8, en deçà des attentes. Malgré cela, le PMI flash suggère que la croissance américaine reste robuste, l'activité manufacturière comme celle des services se situant près de leurs niveaux les plus élevés depuis plusieurs années.

Demande intérieure et exportations

Les nouvelles commandes dans le secteur manufacturier ont ralenti mais restent élevées, ce qui témoigne d'une forte demande intérieure. Les nouvelles commandes à l'exportation sont également repassées en territoire d'expansion pour la première fois cette année, signe d'une évolution positive des échanges internationaux.

Les emplois qualifiés dominent les créations

Les nouveaux emplois manufacturiers concernent essentiellement des travailleurs qualifiés, spécialisés dans l'automatisation, l'analyse de données ou la conception d'équipements. Des secteurs à forte intensité de savoir, comme l'aérospatiale, l'informatique et les équipements électriques, ont créé des emplois aux États-Unis cette année, souvent en exigeant un enseignement supérieur ou une formation spécialisée.

Formation et accessibilité des emplois

L'industrie aérospatiale, par exemple, emploie plus de la moitié de ses effectifs titulaires d'au moins une licence, selon le Bureau du recensement (Census Bureau). De même, l'industrie des semi-conducteurs, très technique, recrute principalement des diplômés de l'enseignement supérieur. Ces emplois sont donc surtout accessibles aux personnes ayant une formation particulière ou une qualification professionnelle spécifique, et sont moins accessibles à celles qui n'en disposent pas.

La focalisation de Trump sur la désindustrialisation

La rhétorique de Trump sur la désindustrialisation, qui l'a aidé à remporter des États clés de la Rust Belt, visait principalement les travailleurs ayant perdu leur emploi en raison de la délocalisation. Ses promesses comprenaient la relance d'industries comme le charbon, en déclin ces dernières années.

Performance économique et inflation

L'économie américaine affiche de solides résultats, avec une croissance de 2,2 % au deuxième trimestre et une prévision de 3,5 % pour le troisième, selon la Réserve fédérale d'Atlanta. Le taux de chômage s'établissait à 4,2 % en septembre, ce qui indique une situation proche du plein emploi, bien que la création d'emplois ait ralenti ce mois-là.

L'inflation demeure un défi

L'inflation reste un problème majeur, avec des taux à 3,7 %, ce qui inquiète le Parti républicain. En 2024, une inflation persistante a contribué à la défaite de la candidate démocrate Kamala Harris, malgré les bonnes performances économiques globales.

Perception des électeurs et insatisfaction économique

Des études économiques suggèrent que les gens sont très sensibles à l'inflation, qu'ils perçoivent souvent comme une injustice échappant à leur contrôle, même lorsque les salaires augmentent. Cela a entraîné une insatisfaction généralisée chez les électeurs américains, susceptible de peser négativement sur les chances de l'actuelle administration présidentielle lors des prochaines élections.