Valérie Murat combat le lobby viticole bordelais après la mort de son père, victime des pesticides, et affronte une bataille judiciaire pour avoir révélé des résidus toxiques dans des vins HVE.
Valérie Murat face à une action en justice
Valérie Murat, militante française dont le père est mort d'une exposition aux pesticides pendant qu'il travaillait dans la viticulture, conteste une décision de justice rendue contre elle et son association, Alerte aux toxiques (AAT), devant un tribunal de Bordeaux. L'affaire porte sur des accusations de diffamation émanant de l'organisme représentant la filière viticole bordelaise, le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB).Bataille judiciaire autour des accusations sur les pesticides
En février 2021, un tribunal de Libourne a condamné Valérie Murat et AAT à verser 125 000 euros de dommages et intérêts pour « diffamation collective », après la publication de résultats montrant la présence de résidus de pesticides dans des vins portant le label HVE, qui affirme promouvoir une valeur environnementale. Cette décision, qualifiée de « bâillon » par des associations militantes, visait selon elles à faire taire les critiques à l'égard de la filière.Le label HVE et l'usage des pesticides
Contrairement au label Agriculture biologique (AB), le label HVE n'interdit pas l'usage des pesticides de synthèse. Malgré son image respectueuse de l'environnement, il autorise leur utilisation, ce que les critiques jugent trompeur pour les consommateurs. En 2020, AAT a découvert des résidus de pesticides dans 22 vins certifiés HVE, dont certaines substances sont liées à des risques pour la santé.Un fardeau financier pour l'association
Le tribunal a ordonné à AAT de retirer les résultats de son site internet et de ses réseaux sociaux. Pour faire appel, l'association devait s'acquitter au préalable des 125 000 euros. Valérie Murat a elle-même versé 800 euros par mois, prélevés sur son salaire, mais une campagne de collecte de fonds publique a finalement permis de réunir la somme nécessaire en 2023.Une contestation de la collecte de fonds
Le CIVB a contesté cette collecte en invoquant une loi de 1881 qui interdit les appels publics à la générosité pour payer des dommages et intérêts judiciaires. Toutefois, la cour d'appel de Bordeaux a rejeté cette contestation en septembre 2024, permettant à AAT de poursuivre son appel.Un soutien à la liberté d'expression
La Maison des lanceurs d'alerte, qui soutient les lanceurs d'alerte, a apporté son appui au combat de Valérie Murat, dénonçant ces poursuites comme une tentative de la réduire au silence. Le groupe appelle le public à soutenir son dossier, soulignant l'importance de la liberté d'expression et du droit d'alerter l'opinion sur des questions cruciales.