Dix-sept cas graves ont été signalés en France en raison d’une utilisation inappropriée de médicaments initialement conçus pour traiter l’obésité et le diabète à des fins d’amaigrissement. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a publié un rapport le 7 octobre, mettant en lumière la « persistance d’un usage dangereux » de ces traitements, associés à des « complications graves ». Entre février 2025 et janvier 2026, l’agence a reçu 36 signalements d’effets indésirables liés à la mauvaise utilisation des anti-obésité de la famille des aGLP-1. Parmi ceux-ci, 17 ont été classés comme graves. Selon l’ANSM, les effets indésirables liés à l’usage détourné des aGLP-1 concernent principalement les jeunes. Dans deux tiers des cas, le médicament a été obtenu par des voies non officielles, comme internet, des proches ou à l’étranger. Par ailleurs, dans 90 % des situations, les doses utilisées étaient soit trop élevées, soit augmentées trop rapidement par rapport aux recommandations. Parmi les 17 cas graves, cinq ont impliqué des pancréatites aiguës, un effet secondaire connu de ces médicaments qui peut également survenir chez des patients sous traitement prescrit dans les règles. Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés, déjà mentionnés dans la notice des médicaments, incluent des troubles digestifs pouvant nécessiter une hospitalisation, ainsi que le risque grave de pancréatite. Entre février 2025 et janvier 2026, plus de 840 000 patients français ont été traités par des aGLP-1. Quatre médicaments différents, dont le célèbre Ozempic, sont utilisés dans le traitement du diabète de type 2, tandis que trois autres, dont Wegovy, sont approuvés pour la gestion du poids et de l’obésité. Pendant cette période, 2 801 cas d’effets indésirables ont été signalés, dont 515 cas graves. L’ANSM appelle à un renforcement de la surveillance et à une prévention systématique de ces effets indésirables. Deux cas de pancréatite ont été rapportés comme « possiblement responsables de décès », et deux autres décès « pourraient être liés » à un risque accru d’acidose lactique chez certains patients diabétiques, selon l’agence. D’autres enquêtes sont en cours pour déterminer si certains effets indésirables observés pendant le traitement sont liés à l’utilisation des anti-obésité. Cela inclut d’éventuels risques comme une baisse d’efficacité des contraceptifs, des lésions oculaires, des troubles de l’érection ou des atteintes des vaisseaux sanguins du cerveau.