Gabriel Attal propose de bloquer temporairement les réseaux sociaux pour freiner les violences, un projet qui se heurte à des obstacles juridiques et réglementaires européens.
Attal propose de bloquer les réseaux sociaux
Gabriel Attal, candidat à la présidentielle pour le parti Renaissance, a suggéré de bloquer temporairement l'accès à certains réseaux sociaux à la suite des récentes manifestations violentes du 17 octobre 2026. Il affirme que ces plateformes servent à organiser des actes de vandalisme et à inciter à la violence, et il veut empêcher ce qu'il appelle une « mentalité de meute » alimentée par les échanges en ligne.Les difficultés juridiques du blocage des réseaux sociaux
L'idée de restreindre l'accès aux réseaux sociaux n'est pas nouvelle en France. Elle avait déjà été évoquée lors des manifestations étudiantes de fin septembre 2026. Toutefois, les juristes spécialisés soulignent que la mise en œuvre d'une telle mesure se heurte à une réglementation stricte et à des précédents judiciaires défavorables, comme lorsque le gouvernement français a tenté de bloquer TikTok en Nouvelle-Calédonie en mai 2024.Des conditions légales strictes pour un blocage
Le Conseil d'État, la plus haute juridiction administrative de France, a fixé des conditions strictes pour bloquer légalement les réseaux sociaux. Il faut notamment démontrer que la mesure est « indispensable » en raison d'un événement d'une « gravité particulière », qu'aucune alternative moins préjudiciable n'est disponible, et que le blocage doit être « limité dans le temps ». Ces conditions rendent difficile la justification d'une telle mesure devant un tribunal.Contraintes juridiques et européennes
Jonathan Elkaim, spécialiste du droit du numérique, estime qu'il est particulièrement difficile de remplir ces critères. Il prévient également qu'un blocage des réseaux sociaux risquerait fort d'être contesté en justice, car il pourrait être perçu comme une atteinte à la liberté d'expression. Par ailleurs, la marge d'action de la France est limitée par le règlement européen sur les services numériques (DSA), qui classe la plupart des grandes plateformes parmi les « très grandes plateformes en ligne ».Le rôle de l'UE dans la régulation des réseaux sociaux
En vertu du DSA, le principal outil dont dispose la France pour agir sur les réseaux sociaux en période de crise est l'article 36, qui permet à la Commission européenne d'activer une réponse d'urgence. Il s'agirait alors pour le Comité européen des services numériques de recommander aux plateformes de prendre des mesures précises, comme modifier les algorithmes de recommandation ou modérer les hashtags, plutôt que de bloquer purement et simplement l'accès.