L'Efsa propose de relever la limite de résidus d'un pesticide dans les tomates

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a proposé de relever la limite maximale de résidus de flupyradifurone dans les tomates, de 0,7 à 1,5 milligramme par kilogramme, à la demande de Bayer, fabricant de ce pesticide. Cette décision, publiée le 8 octobre, repose sur une évaluation des risques d'exposition des consommateurs.

Famille chimique du pesticide et effets sur la santé

Le flupyradifurone appartient à la famille des buténolides et partage avec les néonicotinoïdes, un groupe de pesticides très étudié, des effets similaires sur le système nerveux des insectes. L'Efsa conclut que l'exposition au flupyradifurone et à son métabolite, le DFA, dans le cadre des pratiques agricoles normales, ne devrait pas présenter de risque pour la santé, à court comme à long terme.

Des limites de résidus variables selon les cultures

Si l'Efsa recommande de maintenir à 0,4 milligramme par kilogramme la limite de résidus de DFA dans les tomates, elle suggère de l'abaisser à 0,08 milligramme par kilogramme pour les cultures sous serre. Ces ajustements visent à garantir des normes de sécurité cohérentes quel que soit le mode de culture.

Préoccupations scientifiques sur les risques liés aux pesticides

Le flupyradifurone a été signalé comme un perturbateur endocrinien potentiel, ce qui suscite l'inquiétude de certains scientifiques. Pauline Cervan, toxicologue à Générations futures, a souligné que des études montrent que des pesticides similaires peuvent traverser le placenta et affecter le développement du cerveau du fœtus, tandis que d'autres risques, comme la toxicité pour la reproduction, sont également soupçonnés.

Processus réglementaire et examens en cours

Les modifications proposées ne changent pas immédiatement la réglementation européenne, les limites maximales de résidus étant fixées par la Commission européenne. En France, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) réexamine séparément le flupyradifurone, notamment son utilisation dans le traitement des semences de betterave sucrière au titre de la loi relative aux situations d'urgence agricole.

Aucune réaction officielle pour l'instant

À ce jour, aucune réaction officielle à l'avis de l'Efsa n'a été rapportée. Auparavant, le 16 septembre, l'ONG environnementale européenne PAN Europe s'était félicitée du rejet par le Parlement européen d'une proposition visant à relever les limites de résidus de flupyradifurone dans le colza.