Ambiance de la maison funéraire

Dans les locaux de la maison funéraire Buisson, située rue du Commandant-Audibert à Alès, les conversations sont feutrées et les mots sont pesés. Les visiteurs arrivent souvent après avoir perdu un proche, avec des décisions à prendre alors que le deuil vient à peine de commencer.

Rôle des conseillers funéraires

Franck Kolly-Hugon, conseiller funéraire, assurances et thanatopracteur, résume : « Quand les gens entrent chez nous, le temps s'arrête. Ils sont dans une bulle. » Depuis janvier, l'entreprise familiale dispose de locaux distincts pour son activité d'ambulances afin d'accueillir les familles dans un environnement plus calme.

Un emploi du temps imprévisible

Les journées à la maison funéraire ne se ressemblent pas, sans jours ordinaires ni horaires fixes. Le téléphone peut sonner au milieu de la nuit comme en pleine journée. Lorsqu'un décès survient à domicile, les équipes interviennent après que le médecin a constaté le décès.

Le système de astreintes

Elles peuvent aussi être appelées dans les hôpitaux ou, sous certaines conditions, sur les lieux d'un accident. Franck Kolly-Hugon explique : « Nous n'avons pas vraiment d'horaires fixes, de jour comme de nuit. » L'entreprise fonctionne avec un système de gardes d'astreinte afin d'assurer la continuité du service.

Un accent mis sur les besoins des familles

Au-delà de la logistique, la priorité est de répondre aux besoins des familles, parfois quelques minutes seulement après un décès. « Il faut faire preuve de tact et être attentif à ses gestes aussi », note le conseiller funéraire. Il faut s'adapter à chaque personne sans imposer un rythme.

Gérer plusieurs dossiers à la fois

Une fois le défunt pris en charge, il est transporté dans une chambre funéraire. Pendant ce temps, une autre partie de l'équipe peut accueillir les familles et préparer les démarches administratives. Franck Kolly-Hugon précise : « Nous pouvons très bien aller chercher quatre ou cinq défunts dans la même journée et recevoir les familles en même temps. »

Organiser les obsèques

Vient ensuite le moment de préparer les obsèques, avec les décisions relatives à l'inhumation ou à la crémation, au choix du cercueil, à la cérémonie religieuse ou civile, et au lieu de sépulture. Pour des proches qui n'ont parfois jamais été confrontés à un décès, il faut tout expliquer sans ajouter de pression à la douleur.

Respecter les volontés du défunt

Franck Kolly-Hugon précise : « Nous demandons quelles étaient les volontés du défunt. Notre rôle est de proposer tout ce qui est possible et d'expliquer ce qui est ou n'est pas réalisable. » L'objectif est de limiter autant que possible les formalités qui pèsent sur les proches.

Un accompagnement après la cérémonie

L'accompagnement se poursuit après la cérémonie, avec la remise des documents destinés aux organismes concernés, tels que les caisses de retraite ou les compagnies d'assurances. À la maison funéraire Buisson, on souhaite conserver un lien direct avec les familles.

Une présence constante

La personne qui les accueille peut aussi les accompagner à la cérémonie et en assurer le bon déroulement. Franck Kolly-Hugon affirme : « Quand les familles viennent chez nous, elles verront toujours la même personne à chaque étape. Nous tenons absolument à préserver cette proximité. »

Bâtir la confiance

Cette continuité permet de construire une relation de confiance à un moment où les repères manquent. Le coût des obsèques dépend des prestations choisies, du cercueil, du transport ou encore de l'aménagement de la sépulture.

Crémation et assurance

La crémation peut être une solution moins coûteuse, mais ce n'est pas toujours le cas. Pour le conseiller, l'assurance obsèques est un moyen d'anticiper ces décisions. « Les gens nous disent : "Je ne veux pas que mes enfants aient à payer quoi que ce soit." »

Personnaliser ses souhaits

Au-delà de l'aspect financier, cette démarche permet de préciser ses volontés, de l'inhumation à la crémation, en passant par le déroulement de la cérémonie ou la musique choisie. Car la mort reste un sujet dont les familles parlent parfois très peu.

Entretien des tombes

Lorsque le décès survient, les proches doivent prendre des décisions sans toujours connaître les volontés du défunt. Anticiper leur permet d'éviter certaines de ces questions. À l'approche de la Toussaint, les tombes demandent également de l'attention.

Des services complémentaires

La vie quotidienne de la maison funéraire ne se limite pas au transport et à l'organisation des cérémonies. L'entreprise propose aussi des services de maçonnerie et d'entretien des tombes. Pour les familles qui vivent loin du cimetière ou qui ne peuvent pas se déplacer, la maison funéraire assure le nettoyage, la restauration et le fleurissement des sépultures.

Une demande en hausse

Les demandes se multiplient à l'approche du 1er novembre. Franck Kolly-Hugon explique : « Les familles nous contactent et nous demandent d'aller déposer des fleurs sur la concession. » Il ne constate pas de désintérêt particulier pour l'entretien des tombes.

Des préoccupations de sécurité

Au contraire, des vols d'objets funéraires, de plaques ou de fleurs sont parfois signalés par les familles, ce qui conduit certaines à personnaliser leurs objets pour mieux les identifier. La Toussaint rappelle ainsi que le travail des professionnels du funéraire se poursuit bien après les obsèques.

Un équilibre émotionnel

Travailler au quotidien au contact de la mort exige aussi de trouver la bonne distance. Les situations sont multiples et les réactions des familles peuvent parfois être imprévisibles. Avec le temps, une forme de carapace se constitue, sans pour autant faire disparaître la sensibilité.

Un point de vue professionnel

« Nous sommes là pour les écouter et les entendre », insiste le professionnel. Il faut apprendre à accueillir les émotions des autres, rester disponible et accompagner chacun sans perdre ses propres repères.

La satisfaction professionnelle

On peut découvrir ce métier par vocation, par hasard ou à l'occasion d'une première expérience. Malgré les difficultés, la reconnaissance des familles donne du sens à cet engagement. « L'attitude des gens est souvent la gratitude. C'est un métier très enrichissant. »