Les prix du colza et du tournesol français ont fluctué entre le 1er et le 2 octobre 2026, sous l’influence d’une série de facteurs agricoles et de marché. Le soja a subi une pression saisonnière liée à la récolte américaine et aux ventes techniques, entraînant une baisse des cours. Cependant, les prix de l’huile de soja ont rebondi fortement, tandis que ceux du tourteau de soja ont entraîné le colza à la hausse. Parallèlement, l’huile de palme a poursuivi son recul à Kuala Lumpur en raison de faibles exportations et d’anticipations de stocks en hausse. Sur le Chicago Mercantile Exchange (CBOT), le contrat de soja de novembre 2026 a reculé de 5,75 cents pour s’établir à 12,7825 dollars par boisseau, avec une baisse hebdomadaire de 40,75 cents. Le contrat de janvier a perdu 6,25 cents, tombant à 12,9450 dollars par boisseau. À Euronext, les cours du colza ont également varié : le contrat de novembre a perdu 1,50 euro par tonne, à 536,75 euros la tonne, tandis que celui de février a regagné 3,50 euros, atteignant 555,25 euros la tonne. La pression saisonnière liée à la récolte américaine est restée le principal facteur de la baisse des prix du soja à Chicago. Les prévisions météo annonçaient une fenêtre plus sèche sur une grande partie des régions productrices dans les jours à venir, ce qui pourrait accélérer les travaux de récolte. Les ventes techniques ont également pesé sur les cours. Selon la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), les fonds avaient réduit leur position longue nette de 23 877 contrats la semaine close le 29 septembre, à 241 164 contrats, principalement via la liquidation de positions longues. Le rapport mensuel de broyage du département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) indiquait que les triturateurs américains avaient transformé 209,6 millions de boisseaux de soja en août, soit 5,5 % de moins qu’en juillet, mais 5,9 % de plus qu’un an plus tôt. Les stocks d’huile de soja ont diminué de 13,6 % sur un mois, à 1,696 milliard de livres. Cette contraction des stocks a soutenu le cours de l’huile : le contrat de décembre a rebondi de 1,24 cent par livre, à 68,62 cents la livre, tandis que celui du tourteau de soja de décembre a reculé de 5,80 dollars, à 347,50 dollars la tonne courte. Sur le marché sud-américain, les opérateurs suivent de près le rythme des semis au Brésil. StoneX a estimé la récolte brésilienne de soja pour 2026/27 à 183,36 millions de tonnes, pratiquement inchangée par rapport aux 183,5 millions de tonnes initialement prévues et en hausse de 0,4 % par rapport à la campagne précédente. Les semis progressent normalement dans la plupart des régions productrices, mais les conditions météo restent déterminantes dans les mois à venir, notamment dans le Mato Grosso, où les précipitations restent irrégulières. Le marché européen des oléagineux n’a pas affiché de tendance claire. À Euronext, les cours du colza ont évolué sans direction marquée. Les fonds ont effectué quelques ajustements techniques, et peu de nouveaux éléments fondamentaux ont animé le marché. Selon le ministère ukrainien de l’Agriculture, les surfaces de colza d’hiver seraient en baisse d’environ 7 %, les semis étant désormais presque achevés. Le recul est moins marqué que celui attendu pour les céréales d’hiver, dont les surfaces pourraient diminuer d’environ 17 %. Le gouvernement ukrainien a prolongé jusqu’à la fin de l’année le coefficient de 0,714 utilisé pour calculer les prix minimums à l’exportation de plusieurs produits agricoles, dont le colza, le soja, le tournesol et leurs huiles. UkrAgroConsult a indiqué que les expéditions agricoles quotidiennes ont récemment chuté autour de 48 000 tonnes, contre environ 144 000 tonnes durant la première quinzaine du mois précédent. Sur le marché européen du tournesol, l’accord de libre-échange entre l’Ukraine et la Turquie, entré en vigueur le 1er octobre, a instauré un quota annuel de 50 000 tonnes de graines de tournesol ukrainiennes pouvant être exportées vers la Turquie sans payer les 10 % de droits à l’exportation ukrainiens. Cette exemption réduit le coût des expéditions et améliore la compétitivité des exportateurs ukrainiens sur le marché turc, les incitant à utiliser rapidement le quota selon le principe du premier arrivé, premier servi. Au-delà de 50 000 tonnes, les exportations resteront soumises aux 10 % de droits ukrainiens, tandis que les droits et taxes appliqués par la Turquie à l’importation restent inchangés. À Winnipeg, le colza a regagné une partie du terrain perdu jeudi. Le contrat de novembre a progressé de 3,80 dollars canadiens la tonne, à 815,50 dollars canadiens la tonne, après avoir atteint 822,60 dollars canadiens la tonne en séance. La hausse des cours de l’huile de soja à Chicago a directement soutenu le marché canadien, mais cette progression a été limitée par la pression saisonnière de la récolte et par les prévisions de temps chaud et sec dans les Prairies. Les flux canadiens ont apporté un soutien, avec des producteurs ayant livré 707 500 tonnes de colza dans le circuit commercial la semaine close le 27 septembre, soit 33 % de plus que la semaine précédente. Les exportations hebdomadaires ont atteint 130 700 tonnes, environ trois fois le niveau de la semaine précédente. Depuis le début de la campagne, elles s’élèvent à 921 700 tonnes, contre 715 600 tonnes à la même date l’an dernier. L’huile de palme enregistre un nouveau plus bas sur douze semaines. À Kuala Lumpur, l’huile de palme a poursuivi son recul, le contrat de décembre perdant 21 ringgits pour s’établir à 4 535 ringgits malaisiens la tonne, son plus bas niveau de clôture en douze semaines, avec une baisse hebdomadaire de 2,98 %. Le marché reste pénalisé par la faiblesse des exportations malaisiennes, une production améliorée et des anticipations de stocks en hausse, qui pourraient dépasser 3 millions de tonnes. La Bourse de Dalian est restée fermée pour les vacances nationales chinoises, si bien que le marché chinois n’a pas envoyé de signaux de prix en séance. Les basses eaux du Rhin continuent de perturber la logistique fluviale dans l’est de la France. Sur le marché physique français, les acheteurs de colza sont restés prudents en raison du faible niveau du bassin du Rhin, qui a perturbé les échanges. Le prix du colza FOB Moselle pour la période octobre-décembre a reculé dans les mêmes proportions qu’à Euronext, pour clôturer à 541 euros la tonne. Le prix de l’huile de tournesol oléique rendu à Saint-Nazaire est resté stable à 592,50 euros la tonne, en l’absence d’activité significative sur le marché. L’euro est resté faible face au dollar malgré un rebond vendredi. Sur le marché des changes, l’euro a regagné du terrain en séance américaine vendredi, s’échangeant autour de 1,126 dollar, après être tombé entre 1,122 et 1,123 dollar plus tôt. Le rapport sur l’emploi américain, moins dynamique que prévu, a temporairement allégé la pression sur le dollar. Cependant, celui-ci est resté soutenu par des rendements obligataires américains très élevés et des anticipations d’une politique monétaire toujours restrictive de la part de la Réserve fédérale. Le rendement des obligations américaines à 10 ans s’est établi autour de 5,28 %. Ce lundi matin, la paire euro/dollar a brièvement touché 1,116. Un dollar durablement fort constitue un facteur potentiellement défavorable à la compétitivité des graines et produits américains sur le marché mondial. Côté européen, la faiblesse de l’euro augmente le coût des matières premières et huiles libellées en dollars, ce qui peut donc, toutes choses égales par ailleurs, soutenir les valeurs exprimées en euros. L’évolution du marché monétaire devra donc être suivie de près dans les semaines à venir. Le pétrole a perdu une partie de sa progression de jeudi. Après son rebond de jeudi, le cours du pétrole s’est replié vendredi. Le Brent de décembre a clôturé presque stable à 102,25 dollars le baril, en baisse de 0,06 dollar, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) a perdu 1,76 dollar, à 91,11 dollars le baril. Ce repli est intervenu après l’accord des gouvernements européens sur la mobilisation de stocks pétroliers d’urgence, dans le cadre d’une action plus large visant à atténuer les tensions sur les carburants. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont toutefois limité la baisse du Brent.