Les rencontres annuelles de l’Adem se sont tenues le 25 septembre, autour du thème de la lutte contre les incendies. Ces rassemblements ont réuni agriculteurs et autres parties prenantes pour aborder un défi environnemental et sécuritaire croissant, notamment dans la Drôme et d’autres zones touchées. Environ 100 personnes ont participé à l’événement, organisé à Solaure-en-Diois, au pied du massif du Justin. Cette région a été fortement affectée par les feux de forêt cet été, avec plus de 5 000 hectares de forêt détruits dans la Drôme cette année – bien plus que les quelques centaines d’hectares habituellement recensés les années précédentes.
Philippe Cahn, président de l’Adem, a souligné que les communes locales ont demandé la réintroduction du pastoralisme pour aider à réduire les risques d’incendie. Le service pastoral a soutenu l’ouverture de zones envahies par la végétation grâce à des plans pastoraux territoriaux mis en place dans la région depuis moins de trente ans. La réunion a mis en avant le rôle clé que pourraient jouer les agriculteurs dans la réduction des risques d’incendie en gérant la végétation par le pâturage.
Pour permettre une intervention rapide en cas d’incendie, de larges pistes sont aménagées dans les zones boisées afin de faciliter le passage des véhicules des pompiers. Ces pistes nécessitent un débroussaillage régulier, qui peut être réalisé par le pâturage. Olivier Bonnet, ingénieur pastoral au Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée (Cerpam), a expliqué qu’un pâturage par des troupeaux de ruminants, notamment des moutons, à partir de la seconde quinzaine du printemps permet de dégager la végétation dès le début de l’été. Cette pratique réduit non seulement le risque de départ de feu, mais garantit également un accès sécurisé pour les pompiers. Selon Bonnet, le pâturage peut diviser par cinq le coût d’entretien de ces pistes.
Les agriculteurs peuvent bénéficier d’une mesure agroenvironnementale et climatique (Maec) spécifique visant à protéger les forêts des incendies (DFCI), qui leur permet de financer l’entretien des équipements de défense contre les incendies par le pâturage. Cependant, cette mesure exige un débroussaillage important, comme l’a souligné Bonnet. Les propriétaires sont également tenus de débroussailler un rayon de 50 mètres autour de leurs habitations pour limiter les risques d’incendie, car les feux démarrent souvent en lisière de forêt et de zones habitées. Frédéric Sarret, chef du pôle forêt à la DDT de la Drôme, a précisé que cette obligation ne s’applique qu’à proximité des habitations. Olivier Bonnet a estimé que le pastoralisme pourrait ne pas être adapté pour répondre à cette exigence légale, car les surfaces à débroussailler sont trop petites et fragmentées pour accueillir de grands troupeaux.
Les agriculteurs et les pompiers de la Drôme pourraient collaborer pour créer des coupures de combustible – des bandes de terrain où la végétation inflammable est retirée. Ces espaces dégagés peuvent atteindre plusieurs centaines de mètres de large et sont souvent situés dans des zones reculées où il est impossible de construire des routes. Dans la région Paca, de vastes coupures sont entretenues par des troupeaux, avec un accès à l’abreuvement assuré par les gestionnaires de la défense des forêts, comme les collectivités locales. Les agriculteurs prennent en charge 20 % des travaux. Relancer la pratique du brûlage dirigé constitue une autre méthode pour rouvrir ces espaces. Sébastien Lahaye, officier sapeur-pompier et fondateur d’une entreprise de conseil sur les risques d’incendie, a expliqué que l’objectif est de favoriser des milieux ouverts et en mosaïque. Dans les départements très exposés aux feux estivaux, une cellule départementale coordonne le brûlage dirigé, associant pompiers, l’Office National des Forêts (ONF), ou informant les agriculteurs souhaitant réaliser un brûlage pastoral. Les agriculteurs et les propriétaires peuvent également effectuer des brûlages pastoraux sous autorisation. La Drôme pourrait un jour mettre en place une telle cellule, au vu des prévisions de feux d’intensité extrême récurrents.
Les réunions annuelles de l’Adem se concentrent sur la lutte contre les incendies de forêt par le pastoralisme et les pratiques de débroussaillage
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Sources d'origine :
- 🇫🇷Réussir



