Les 41es Rencontres nationales des acteurs du pastoralisme se sont tenues à Ax-les-Thermes, dans le département de l’Ariège, et ont mis l’accent sur le modèle structuré du pastoralisme collectif dans la région. Ce système repose sur des groupes pastoraux (GP), des associations foncières pastorales (AFP) et une gestion partagée des estives — ces pâturages d’altitude utilisés en été. Cependant, ce modèle est désormais confronté à de nouveaux défis, parmi lesquels l’augmentation de l’utilisation des zones de montagne, des réglementations plus strictes, des difficultés économiques et des problèmes liés à la prédation par la faune sauvage. Alain Servant, président de la Fédération pastorale de l’Ariège, a souligné l’importance de considérer le pastoralisme non pas seulement comme une activité économique, mais comme un pilier social de la vie en montagne. Le système s’appuie sur 88 groupes pastoraux et 64 AFP. Depuis 2008, près de 50 cabanes principales utilisées par les bergers ont été modernisées, et 55 disposent désormais d’un accès à l’eau potable. Le nombre de travailleurs sur les estives a également augmenté, passant de 33 bergers permanents en 1994 à environ 130 employés en 2026. Un élément clé permettant cette organisation en Ariège réside dans le fait qu’une grande partie des estives est属于公共所有,soit par l’État, soit par les communes locales. Les groupes pastoraux agissent en tant qu’intermédiaires entre les éleveurs, les propriétaires terriens, les autorités locales et les financeurs. Les AFP organisent l’utilisation des terres pastorales et contribuent à l’entretien des paysages, de la biodiversité et à la prévention des incendies. Audrey Vantomme, du service gestion foncière de la Fédération, a indiqué que la Fédération pastorale de l’Ariège aide de plus en plus les AFP à résoudre les conflits par le biais de médiations locales ou d’un soutien juridique. La gestion des AFP devient de plus en plus complexe, exigeant une expertise juridique et réglementaire accrue. Cette évolution soulève des questions sur l’avenir des biens communs pastoraux. Les estives pyrénéennes reposent sur l’utilisation partagée de ressources comme l’herbe et l’eau, régies par des règles définies localement. Cependant, ce système est mis à l’épreuve par l’évolution vers des pratiques individuelles, le traitement juridique des conflits et l’expansion d’autres activités en montagne. Les acteurs de l’Ariège cherchent à clarifier les règles d’accès aux estives et à renforcer le lien entre les communautés locales et leur gestion. Selon les données présentées lors des rencontres, la population d’ours des Pyrénées est passée de 109 à 143 individus entre 2006 et 2024, avec un taux de croissance annuel moyen de 11,53 %. Cette augmentation a entraîné des défis supplémentaires pour les agriculteurs et les bergers de la région. Philippe Lacube, président de la Chambre d’agriculture de l’Ariège, a souligné que la prédation par les ours constitue un problème particulièrement difficile dans le département. Les mesures de protection du bétail se sont multipliées, incluant l’utilisation de chiens de protection, des enclos, un plus grand nombre de bergers sur le terrain, et parfois des équipes de nuit. Malgré ces efforts, les pertes persistent, les acteurs pastoraux estimant à environ 1 000 le nombre d’animaux perdus chaque année — un chiffre équivalent au cheptel d’une estive moyenne, y compris les animaux disparus. Outre la perte d’animaux, les responsables mettent en garde contre l’impact humain : détérioration des conditions de travail, tensions au sein des groupes pastoraux et un taux de renouvellement élevé parmi les bergers. Le pastoralisme en Ariège couvre 120 000 hectares d’estives, 45 000 hectares de zones intermédiaires, et comprend 54 000 brebis en transhumance, 17 500 bovins en transhumance, 1 900 chevaux en transhumance, plus de 500 exploitations transhumantes, 94 bergers et 45 vachers. Ce système représente une part importante de l’économie rurale et de l’identité culturelle de la région, bien qu’il soit soumis à des pressions croissantes d’ordre environnemental, économique et social.