Le journaliste Tillmann Prüfer, père de quatre filles âgées de 12 à 26 ans — Luna, Lotta, Gretta et Juli — rédige chaque semaine une chronique dans Die Zeit sur l’émancipation des jeunes, en particulier lorsqu’ils partent étudier ou voyager à l’étranger. Dans l’une de ses publications, il évoque le séjour de sa fille Lotta, partie étudier un semestre à Quito, en Équateur. Lotta a fréquenté une université fréquentée par l’élite locale, où elle a été confrontée à des inégalités criantes. Bien qu’elle ait déjà travaillé avec des communautés marginalisées lors de stages, le contraste entre le campus, avec ses bâtiments imposants portant des noms de figures illustres comme Albert Einstein, son étang à tortues et sa fontaine, sa bibliothèque digne d’un film Harry Potter ou encore son parking privé gardé pour les voitures des étudiants, et la réalité du pays l’a profondément marquée. Même un pont piéton privé relie le campus à un centre commercial voisin. Lotta est repartie bouleversée, une réaction que son père comprend bien, lui qui, dans sa jeunesse, travaillait pour un journal économique et dialoguait avec des dirigeants d’entreprise qu’il avait autrefois critiqués. Dans une autre chronique, Prüfer raconte comment sa fille Gretta, 19 ans, est revenue d’une année de bénévolat en Bolivie métamorphosée. Son séjour à l’étranger l’a tellement changée que ses parents ont dû admettre qu’elle n’était plus tout à fait la même. Le journal résume cette transformation en quelques mots simples : « Sa fille est partie un an à l’étranger. Son père doit désormais reconnaître : elle n’est plus la même qu’avant son départ. » Prüfer évoque cette « zone horaire intérieure » de sa fille, son évolution vers plus d’autonomie et de confiance en elle. Il établit un parallèle avec sa propre expérience après son service militaire, lorsqu’il est revenu à la vie civile. Il admet que l’attente du retour d’un enfant peut être à la fois douce et amère, et que, une fois rentré, les petits agacements du quotidien — comme des vêtements traînant dans la maison — semblent dérisoires comparés à la valeur du temps et aux moments précieux partagés avec un enfant avant que ses chemins ne s’éloignent. Dans un troisième article, Prüfer décrit comment sa benjamine, Juli, 12 ans, a effectué son premier voyage en solo en Italie, transformant un trajet chaotique en train de nuit en une aventure. Si Juli y a vu une expérience excitante, ses parents, eux, ont passé une nuit d’angoisse. La chronique s’achève sur cette réflexion : peu importe l’âge de l’enfant, le laisser voyager seul reste épuisant. Lancé en avril 2016, Courrier Expat est un média destiné aux expatriés français et à ceux qui envisagent de s’installer à l’étranger. Il propose une sélection d’informations issues de la presse internationale, axée sur la vie professionnelle et personnelle des Français vivant hors de France. Comme Courrier international, il organise ses contenus en rubriques dédiées à l’économie, à l’éducation et à la santé. Le magazine explore également de nouveaux horizons en associant informations, services et dimension communautaire. Les lecteurs peuvent adhérer au Courrier Expat Club pour accéder à des conseils d’experts, des offres d’emploi, des forums et des blogs rédigés par des correspondants expatriés.