Roméo et Juliette de Gounod est de retour sur la scène de La Monnaie après près de soixante-dix ans d’absence, proposant une production qui privilégie la beauté poétique à l’intensité dramatique. Mise en scène par Julia Burbach, une metteuse en scène expérimentée ayant travaillé dans des salles internationales comme Londres, Berlin et Barcelone, cette version cherche à distiller le récit shakespearien en quelque chose de plus intemporel et éthéré. Certains critiques estiment cependant que la production manque de la tension et de l’élan émotionnel habituellement associés à cette histoire d’amour tragique, avec des directions d’acteurs jugées parfois simplistes ou maladroites, notamment dans des scènes clés comme le bal et le duel du troisième acte.
Les décors de Cécile Trémolières, composés de hautes colonnes en tissu métallique et en maille qui se transforment d’un acte à l’autre, évoquent différents lieux comme la salle de bal des Capulet, une chapelle ou la chambre de Juliette. Au deuxième acte, un décor minimaliste recrée le jardin clos des Capulet à l’aide d’un matériau évoquant une dune, où une performance acrobatique aérienne réinvente la célèbre scène du balcon. Après l’entracte, la scène est inondée d’un effet sombre et aquatique, symbolisant une crue, tandis que le lit des amants se transforme en une embarcation funéraire – une image qualifiée de plus contemplative que saisissante.
Les costumes de Cécile Trémolières apportent un contraste saisissant : des roses pâles dans le premier acte évoluent vers des tons plus sombres et plus sobres à l’acte final, symbolisant le passage de la célébration au deuil. Les prestations vocales sont largement saluées, avec notamment l’interprétation de Juliette par Kseniia Proshina, dont le chant expressif et la transformation émotionnelle après l’entracte se distinguent. Airam Hernández, dans le rôle de Roméo, est également remarqué pour sa présence vocale puissante et son assurance. Les seconds rôles sont également bien accueillis, avec des contributions notables de Florence Losseau, Rehanna Thelwell, Travon D. Walker et Maxim Kuzmin-Karavaev.
Les Chœurs de La Monnaie, dirigés par Emmanuel Trenque, offrent une performance unie et engagée, tandis que la cheffe d’orchestre italienne Valentina Peleggi propose une interprétation dynamique et dramatique, bien que certains passages soient jugés abrupts. L’Orchestre de La Monnaie répond avec une qualité instrumentale excellente, offrant un mélange fluide des sections de cordes, des bois poétiques et des cuivres percutants. Si la production est visuellement frappante et poétique, elle est critiquée pour ne pas avoir pleinement saisi l’intensité dramatique qui caractérise Roméo et Juliette, laquelle équilibre avec une précision délicate les thèmes de l’amour et de la mort.
Roméo et Juliette de Gounod ressuscité à La Monnaie avec une mise en avant de la poésie visuelle plutôt que de l'urgence dramatique
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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