Parcours de l'éleveur et installation de la ferme

Thomas Clivio est passé de l'étude de la gestion de l'eau à l'élevage caprin en 2020. Il a installé son exploitation caprine à Locqueltas, dans le Morbihan, à proximité du Haras de Kerizac, dirigé par son épouse, vétérinaire. Il a fondé l'Earl Chèvrerie de Kerizac et développé un élevage de 280 chèvres Alpines dans un bâtiment de 1 500 m², conçu pour gagner en efficacité et en productivité.

Conception du bâtiment et technologies

Le bâtiment comprend des espaces séparés pour les différentes classes d'âge des chèvres, une salle de traite de 2x24 places, ainsi que des zones pour les chevrettes et les nurseries. Entièrement construit en béton, il permet une distribution motorisée de l'alimentation et de la litière. Les balles de foin sont amenées à l'aide d'un chariot électrique à palettes, et un tricycle électrique distribue les concentrés en trois repas par jour.

Hygiène et qualité du lait

Les gants de traite sont désinfectés après chaque chèvre, et les trayons sont pulvérisés avec un produit de trempage cosmétique afin de garantir l'hygiène. L'objectif est un taux de cellules somatiques ne dépassant pas un million par millilitre. Cette attention à la propreté contribue à maintenir une qualité de lait élevée, essentielle pour rester compétitif sur le marché.

Production hors saison et éclairage

Thomas Clivio a choisi de produire hors saison, avec des mises bas en septembre, ce qui lui permet de valoriser son lait de 40 à 50 euros de plus par millier de litres. Pour y parvenir, il éclaire le bâtiment du 1er novembre au 1er février afin de simuler la lumière du jour et de déclencher les chaleurs, ce qui garantit un cycle de reproduction maîtrisé.

Génétique et stratégie de sélection

La génétique joue un rôle essentiel dans sa stratégie. Tous les chevreaux initiaux ont été achetés auprès de Chevrettes de France, et les chevrettes de remplacement sont issues d'insémination artificielle, avec un taux de réussite de 77 %. Depuis 2026, Thomas Clivio utilise le génotypage pour confirmer les plans d'accouplement, ce qui lui permet d'optimiser la sélection et de sécuriser la filiation.

Projets de génotypage

Il prévoit de génotyper 5 jeunes boucs et 15 chevrettes afin de gagner un an dans la sélection et d'améliorer la qualité génétique. Cette démarche vise des progrès durables en matière de productivité et de santé du troupeau, en phase avec les pratiques agricoles modernes.

Gestion des fourrages et alimentation

L'alimentation est adaptée au groupe, au stade de lactation et à la qualité des fourrages, récoltés sur 12 ha de ray-grass hybride, 12 ha de fétuque et 7 ha de luzerne. Tous les fourrages sont analysés, et la ration des meilleures chèvres comprend des quantités précises de foin et d'aliment. Les chevrettes reçoivent des fourrages et un aliment de croissance adapté à leurs besoins.

Objectifs de production laitière

Thomas Clivio vise une hausse de la production laitière, de 850 litres par chèvre la première année à 1 000 litres d'ici 2026, soit un total de 280 000 litres par an. Il prévoit également d'aménager une prairie attenante à l'exploitation, qui permettrait aux chèvres de pâturer de juin à août après une fauche de foin, ce qui pourrait encore améliorer la productivité.

Test de levures et résultats

Pour optimiser l'ingestion de fourrage, Thomas Clivio a testé l'ajout de 2 g/jour de levures vivantes Actisaf SC 47 de novembre 2025 à mars 2026, par comparaison avec un groupe témoin recevant 1 g/jour. Le test a montré une hausse de l'ingestion de foin de 150 g/jour et une augmentation de la production laitière de +0,2 l/jour en moyenne pendant les quatre premiers mois, sans différence observée à partir de mars.

Avis d'expert sur l'utilisation des levures

Laurent Davoust, responsable des produits caprins chez Agrial, a souligné l'intérêt économique de doubler la dose de levures pendant les premiers mois de lactation. Cette piste pourrait aider Thomas Clivio à affiner sa stratégie alimentaire pour de meilleurs retours économiques.

Investissement et soutiens financiers

L'investissement total de l'exploitation, comprenant le bâtiment, les équipements, l'alimentation et le troupeau, s'élève à 600 000 euros. Il a été soutenu par diverses aides, notamment l'aide de JA, l'aide PCAE et l'appui d'Agrial. Ces soutiens financiers ont été déterminants pour créer et maintenir cette exploitation aux standards élevés.