La famille Liévin, composée de Florent et Matthieu, agriculteurs à Mentque-Nortbécourt, dans le Pas-de-Calais, a opéré un virage significatif en abandonnant l’élevage de vaches laitières pour se tourner vers les chèvres. En 2020, leur exploitation comptait une cinquantaine de vaches laitières, mais en juin 2023, la famille a décidé de mettre fin à cet élevage. Les dernières vaches ont quitté la ferme quelques semaines plus tard. Florent Liévin, âgé de 59 ans, a vendu son troupeau et, le 4 juillet, a acquis 120 chevrettes adultes, majoritairement blanches. Certaines de ces chèvres n’étant pas gestantes comme prévu, les éleveurs ont complété le cheptel avec 50 chèvres alpines. Aujourd’hui, la ferme compte environ 500 chèvres, dont la production laitière est comparable à celle des anciennes vaches, chaque animal produisant environ trois litres de lait.
Pour accueillir ce nouveau troupeau, la famille Liévin a construit un bâtiment tunnel de type Filclair, mesurant 25,6 mètres sur 50. Les travaux se sont déroulés entre 2021 et 2022. Le bâtiment est isolé avec 20 centimètres de laine de verre entre deux bâches, ce qui permet de maintenir une température intérieure agréable même lors des fortes chaleurs, avec des températures inférieures à 27-28 °C en cas de canicule. Le système de ventilation est largement automatisé : des volets latéraux et deux ouvertures en toiture sont pilotés par une station météo qui les ferme si le vent dépasse 30 km/h. Des filets pare-vent sont également utilisés pour préserver la sécheresse à l’intérieur et protéger les façades du bâtiment. La famille envisage d’installer des circulateurs d’air à l’avenir.
Le système d’alimentation a été conçu pour réduire le temps consacré aux tâches quotidiennes. Les chèvres reçoivent trois types de fourrages par jour : entre 1 et 1,5 kilogramme de foin de ray-grass et de trèfle le matin, environ 1 kilogramme d’ensilage de luzerne vers 9 heures, et entre 1 et 1,5 kilogramme de regains le soir. De la paille est disponible à volonté. La distribution du matin prend environ 15 minutes. Les fourrages en ballots carrés sont distribués dans le couloir central à l’aide d’un chariot. Les concentrés sont distribués automatiquement cinq fois par jour grâce à un dispositif railé Albouy.
La traite s’effectue dans une salle de traite Delaval équipée de 2x30 places et de bras de traite à bascule automatique. Traire 500 chèvres prend entre 1 heure 30 et 1 heure 45 avec deux personnes. Quatre border collies assistent la gestion du troupeau. L’un des chiens ramène les chèvres depuis l’arrière du bâtiment et les guide vers la zone d’attente, tandis qu’un autre accélère le processus de traite. Une fois les animaux et les chiens habitués à ce système, il permet de gagner du temps.
Le troupeau est géré avec deux périodes de mise bas par an, en mars-avril et en août, afin d’étaler la production laitière. Les chèvres ne sont pas taries en raison d’antécédents de mammite, et les animaux adultes sont traites jusqu’à trois semaines avant la date prévue de mise bas, après quoi le lait est jeté. Les primipares mettent bas à l’âge de deux ans et demi. La ferme travaille à l’élimination de l’arthrite-encéphalite caprine (CAEV), une maladie touchant les chèvres, en retirant les chevreaux dès la naissance et en les nourrissant avec des sachets de colostrum reconstitué. La proportion d’animaux indemnes de la maladie est passée d’environ 70 % à 85 % en quatre ans.
La ferme livre son lait à la coopérative Prospérité fermière pour le compte d’Agrial, passant en janvier 2026 d’une collecte en mode bio à une collecte conventionnelle. Ce changement entraîne une perte de 180 euros par millier de litres, mais permet d’économiser plus de 240 euros par tonne d’aliment. L’élevage bio imposait une densité de couchage de 2 mètres carrés par chèvre, mais le cheptel est désormais à 1,8 mètre carré par animal. La famille vise une augmentation du nombre de chèvres, passant de 480 000 litres avec 500 animaux à plus de 600 000 litres. Ils ont commencé la construction d’un bâtiment tunnel pour les chevrettes, avec un investissement de 80 000 euros. Florent élève également 700 brebis Ile-de-France, vendant des agneaux à des bouchers régionaux. Si les tests de viande de chèvre en saucisses et brochettes n’ont pas séduit les consommateurs locaux, une nouvelle opportunité se profile avec la coopérative des bergers du Nord-Est, qui lance une collecte de chevreaux et de chèvres de réforme dans les Hauts-de-France.
Une exploitation française passe des vaches aux chèvres avec de nouvelles infrastructures et pratiques de gestion
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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Sources d'origine :
- 🇫🇷Réussir



