À Aux Chevrettes du Terril, des chèvres pâturent sur un ancien site minier, mêlant agriculture, écologie et tourisme dans un projet français unique.
Une ferme caprine sur un ancien site minier
À Aux Chevrettes du Terril, des chèvres broutent sur les pentes d’un ancien site minier dans le nord de la France, tandis qu’un bar-restaurant a été aménagé au cœur de la ferme caprine. Le projet a été lancé par Julien Graf, habitant de Douai qui s’est reconverti dans l’élevage caprin en 2014, sans expérience préalable dans le domaine agricole ou foncier.La quête d’un terrain et la découverte d’une friche
Julien Graf cherchait cinq hectares de terrain pour son projet, ciblant d’abord la Haute-Savoie avant de revenir dans sa région natale, le Nord. Après 100 refus de notaires, il s’est tourné vers les friches et les espaces naturels, finissant par trouver la colline de Rieulay, propriété du département du Nord. Ce site industriel abandonné avait été transformé en un espace de promenade, de baignade et de biodiversité.Un élevage caprin extensif et des pratiques durables
Julien Graf gère aujourd’hui une quarantaine de chèvres, un mélange de races Poitevine et Alpine, qui pâturent sur six hectares. Le système est volontairement extensif : le troupeau sort chaque jour et bénéficie également de foin produit sur onze hectares de prairies fauchées dans un village voisin. La ferme utilise aussi le pâturage caprin pour entretenir les milieux ouverts et contrôler la végétation dans cette zone naturelle sensible.Ouverture au public et activités pédagogiques
L’accès du public est au cœur du projet. Des randonnées avec les chèvres, activités payantes, ainsi que des visites pédagogiques pour les familles, les groupes et les enfants sont organisées régulièrement. La ferme accueille aussi des marchés paysans et des événements, profitant du flux touristique sur la colline. Un site internet permet de s’inscrire à ces activités, accessible via chevrettesduterril.fr.Un bar-restaurant et une collaboration familiale
Un bar-restaurant nommé Les Chevrettes, géré par le frère de Julien, Olivier, est installé dans le même bâtiment que la ferme. La carte propose des planches de fromages et de charcuterie, des produits locaux et un sirop de lait de chèvre. Le restaurant fonctionne certains jours et permet aux visiteurs d’observer les chèvres pendant leur repas. Les deux frères mènent des activités distinctes mais collaborent étroitement, le restaurant achetant les fromages de la ferme et proposant des services de traiteur.Vente de chèvres pour des raisons éthiques
Les anciennes collines, autrefois riches en résidus de charbon, contiennent de la pyrite susceptible de s’enflammer spontanément, dégageant de la chaleur et des vapeurs de soufre pendant des décennies. Pour y remédier, Julien Graf vend des jeunes chèvres comme animaux de compagnie, par paires et avec des conseils détaillés sur leur entretien. Ces ventes répondent à une démarche éthique, garantissant que les animaux sont bien traités et non destinés à la consommation. La ferme écoule ainsi 60 à 70 bêtes par an, et Julien assure un suivi auprès des nouveaux propriétaires via son site et des messages.