Le 25 juin 1976, la France inaugurait un terminal pétrochimique dans la baie de Seine, conçu pour accueillir des navires d’une capacité comprise entre 500 000 et 1 million de tonnes. Ce projet avait été décidé en 1969, à une époque où le canal de Suez était fermé et où les pétroliers devaient contourner l’Afrique. Le terminal Antifer, situé à une vingtaine de kilomètres au nord du Havre et au sud d’Étretat, avait été construit pour gérer les immenses pétroliers qui commençaient à se multiplier. Le site avait été retenu pour sa stabilité géologique et sa proximité avec Le Havre, principal port français d’importation et de stockage du pétrole.
En 1976, le plus grand pétrolier du monde, le Batillus, n’a effectué que vingt escales à Antifer avant d’être retiré du service en 1983. Construit par les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire pour la Société maritime Shell, ce géant affichait un port en lourd de 553 662 tonnes et mesurait plus de 414 mètres de long – soit près de 85 mètres de plus que la tour Eiffel. Considéré comme la parfaite illustration des capacités du port, conçu spécifiquement pour des navires de cette envergure, il n’a pourtant pu démontrer pleinement son utilité. En effet, le canal de Suez a rouvert en juin 1975, un an avant l’inauguration du terminal, modifiant les routes maritimes et rendant le projet initial moins pertinent.
L’ouverture du canal de Suez a permis aux pétroliers d’emprunter une voie plus courte, réduisant ainsi le besoin en navires de grande taille que le terminal Antifer était censé accueillir. À cela s’ajoutent les chocs pétroliers de 1973 et 1979, qui ont entraîné un net déclin de l’activité du port. Le Batillus a été retiré du service en 1983, et le terminal a vu chuter le nombre de ses escales, passant de 219 en 1979 à une quarantaine par an dès 1980. Le pétrolier a finalement été démantelé à Kaohsiung, à Taïwan, en 1985.
Malgré le déclin de sa vocation initiale, le terminal Antifer est toujours en activité et constitue aujourd’hui le deuxième plus grand port pétrolier de France. Il assure près de 20 % du pétrole brut importé dans le pays, bien qu’il accueille désormais des navires de plus petite taille. Le plus gros navire ayant accosté à Antifer, le Pierre Guillaumat, y a déchargé 548 248 tonnes de pétrole en 1978 – soit un peu plus de la moitié de la capacité maximale pour laquelle le terminal avait été conçu. Depuis les années 1990, le site enregistre environ une à deux escales par semaine, s’adaptant aux évolutions des besoins de l’industrie maritime.
Le terminal d'Antifer en France et l'ambition des supertankers
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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