Une barque romaine découverte à Lyon

En 2003, des archéologues de l'Inrap ont découvert 16 embarcations sur un chantier de construction d'un parking souterrain, en bordure du quartier Saint-Georges, sur la rive droite de la Saône, à Lyon. Parmi elles figurait une barque romaine du IIe siècle de notre ère, mesurant à l'origine 28 mètres.

Le processus de conservation de la barque

Pour préserver la barque romaine, il a fallu la démonter en près de 1 000 morceaux. Le bois a été consolidé au polyéthylène glycol (PEG), puis lyophilisé à Grenoble, au sein d'Arc-Nucléart. Ce procédé consistait à congeler le bois puis à le sécher sous vide afin d'éviter qu'il ne s'abîme.

Détails des 16 épaves

Les détails de ces 16 épaves sont présentés dans une monographie publiée en 2010 dans la revue Archaeonautica. L'ouvrage, dirigé par Éric Rieth, recense cinq grandes barques romaines, un bac ou une allège, deux canoës médiévaux, sept barques de viviers du début du XVIe siècle et une embarcation datée de 1746.

Fouilles et recherches

La fouille a été menée par l'Inrap sous la direction de Grégoire Ayala, avec Marc Guyon pour l'étude des embarcations gallo-romaines. Le site raconte ainsi plus de quinze siècles de vie sur le fleuve, du commerce antique aux usages plus tardifs. L'un des canoës de vivier a été restauré et confié au musée Gadagne à Lyon.

Restauration et transfert

La plus grande pièce était la barque romaine, baptisée « Lyon Saint-Georges 4 » (LSG 4). Sur les 28 mètres d'origine, les fouilleurs n'ont dégagé que 17 mètres de coque. La barque est restée une dizaine d'années dans une zone d'eau, en conservation provisoire, avant de revenir à terre ferme le 28 janvier 2014. Elle a alors été envoyée à Grenoble pour être restaurée.

Les défis de la conservation

Un bois resté dix-huit siècles sous l'eau ne peut tout simplement pas être séché au soleil. Il se déformerait, se fendillerait et s'effondrerait. L'équipe a installé la barque dans un atelier de 200 mètres carrés à température et hygrométrie contrôlées. Le démontage a nécessité le retrait de 2 100 clous, le fer pouvant endommager le bois par oxydation.

Techniques de restauration

Les pièces ont d'abord été débarrassées des composés métalliques, puis imprégnées de PEG pendant un an. Elles ont ensuite été lyophilisées, congelées à -30 °C et séchées sous vide. Pour les parties les plus endommagées, les restaurateurs ont eu recours à une résine et à un rayonnement gamma. Arc-Nucléart, laboratoire rattaché au CEA, est l'un des rares établissements capables d'une imprégnation à aussi grande échelle.

Présentation future de la barque

L'Inrap et Arc-Nucléart ont annoncé la fin du traitement en septembre 2016. La barque est destinée au musée gallo-romain de Lyon-Fourvière, désormais dénommé Lugdunum. Les contraintes sont lourdes, puisqu'il faut que le musée déplace sa réserve actuelle pour accueillir l'embarcation.

Un calendrier d'exposition incertain

Après la restauration, l'épave devait être à nouveau démontée puis stockée en atmosphère contrôlée. Le calendrier de présentation au public a varié au fil des années, et aucune exposition publique n'a été confirmée à ce jour. Avant de vous déplacer, mieux vaut vous renseigner directement auprès du musée Lugdunum.

Nouvel accord de recherche

Un autre accord a été signé le 11 octobre 2016 au musée de Fourvière entre l'Inrap et Lyon Parc Auto, pour de nouvelles recherches sur la barque LSG 4.