Buste en marbre découvert dans le Rhône

Un buste en marbre, haut de 39,5 cm, a été repêché dans le Rhône près d'Arles en 2007. Il est aujourd'hui exposé au musée départemental de l'Arles antique, où il est présenté comme un « buste présumé », faute d'inscription permettant d'identifier le personnage.

Détails de la découverte sous-marine

Le buste a été trouvé lors d'une campagne d'archéologie subaquatique menée en septembre et octobre 2007 par le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines. Les fouilles se sont déroulées près du quartier de Trinquetaille, et la découverte a été faite par Luc Long, archéologue subaquatique basé à Arles, qui avait déjà mis au jour une barge romaine en 2004.

Caractéristiques et matériaux du buste

Le buste est grandeur nature et bien conservé ; il ne manque qu'une partie du nez et l'oreille gauche. Il est taillé dans un marbre provenant de Dokimeion, dans l'actuelle Turquie. La même campagne a permis de dégager une statue de Neptune ainsi que des statuettes. Le buste présente de profondes rides, un front dégarni et des cheveux ramenés vers l'avant, ce qui suggère un homme âgé.

Identification comme Jules César

Les découvreurs identifient le buste comme un portrait de Jules César, réalisé vers 46 av. J.-C. Cette identification repose sur des comparaisons avec des monnaies et sur des arguments historiques. La Bibliothèque nationale de France rappelle qu'Arles a été fondée comme colonie par le conquérant des Gaules pour les vétérans de la VIe légion. Le musée date la sculpture entre 50 et 40 av. J.-C.

Débat autour de l'identification

Certains spécialistes remettent en question cette identification, en relevant l'absence d'inscription et le peu de ressemblance évidente avec les portraits de César sur les monnaies. Certains suggèrent qu'il pourrait s'agir d'un notable local ou d'un « visage d'époque », un portrait où des membres de l'élite imitaient les traits de César. Les comparaisons avec un buste de César découvert à Tusculum, en Italie, ont montré à la fois des similitudes et des différences dans les traits du visage.

Contexte historique et portée

On connaît près de deux cents portraits de César, tous ou presque posthumes. Si le buste d'Arles est bien celui de César, il aurait donc été réalisé de son vivant, selon Luc Long. Le musée reconnaît que de nombreux spécialistes retrouvent dans cette sculpture les traits de César et une datation à la fin de la République ou au début de l'Empire, tandis que d'autres y voient un « visage d'époque ».

Débat institutionnel

Le débat a pris un tour direct entre institutions : Claude Sintes, directeur du musée de l'Arles antique, a répondu à l'archéologue allemand Paul Zanker, partisan de la théorie du « visage d'époque ». Selon Claude Sintes, à l'époque de César, Arles était une petite ville sans familles très puissantes, ce qui rend un portrait de César peu probable.

Reconnaissance publique et expositions

Le buste a été présenté à la presse en mai 2008, et la ministre de la Culture de l'époque, Christine Albanel, y a vu la plus ancienne représentation connue de César. En 2009, l'exposition « César, le Rhône pour mémoire » s'est tenue à Arles, présentant les résultats de vingt années de fouilles sous-marines dans le fleuve. Le Louvre a ensuite accueilli « Arles, les fouilles du Rhône » du 9 mars au 25 juin 2012.

Lieu actuel et héritage

Le buste est aujourd'hui conservé au musée départemental de l'Arles antique, où il est déposé par le service d'archéologie subaquatique qui a conduit la campagne de 2007. Le bâtiment du musée, conçu par Henri Ciriani et inauguré en 1995, se situe sur les rives du fleuve qui a restitué la tête. En 2014, l'image du buste est apparue sur un timbre.