La production de cacao de la Côte d'Ivoire pourrait baisser de 20 % d'ici 2050 à cause du changement climatique, mais des chercheurs développent des variétés résilientes et promeuvent l'agroforesterie.
Le cacao de la Côte d'Ivoire menacé d'un déclin majeur
La Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao, pourrait voir sa production chuter de 20 % d'ici 2050 si aucune mesure n'est prise, selon les estimations du gouvernement. Le cacao est un pilier de l'économie du pays : il représente 15 % du PIB et fait vivre environ cinq millions de personnes.Le changement climatique menace la production de cacao
La culture du cacao en Côte d'Ivoire souffre du changement climatique, qui se traduit par des précipitations imprévisibles et moins abondantes, ainsi que par une hausse des températures. Ces évolutions rendent plus difficile la croissance des cacaoyers, réduisent les rendements et menacent les moyens de subsistance des agriculteurs.De nouvelles variétés de cacao testées pour leur résistance
Les chercheurs du Centre national de recherche agronomique (CNRA) ont mis au point 11 variétés de cacao plus résistantes au stress hydrique. Ces variétés sont actuellement testées en serre et dans des plantations, dans le but de les rendre à terme disponibles pour une utilisation commerciale.Les agriculteurs subissent de réelles pertes liées au climat
Des producteurs de cacao comme Koffi Alexis Amani ont subi des pertes importantes en raison de problèmes liés au climat, notamment des plantations desséchées et des rendements en baisse. Les travaux de recherche consistent notamment à croiser différentes variétés de cacao et à les tester sous différents niveaux de stress hydrique afin d'identifier des caractéristiques de résilience.La baisse des pluies affecte la croissance du cacaoyer
Selon le ministère ivoirien de l'Environnement, les précipitations ont nettement diminué depuis les années 1980. Les cacaoyers ne reçoivent désormais qu'environ 1 100 mm de pluie par an, bien en deçà des 1 200 à 2 000 mm dont ils ont besoin. Cette situation entraîne une floraison moins abondante, moins de fruits et une dégradation de la qualité des sols, ce qui affecte la santé des cacaoyers.Les agriculteurs se tournent vers l'agroforesterie pour s'adapter
Certains agriculteurs adoptent l'agroforesterie, en cultivant d'autres plantes comme les anacardiers, le bois d'iroko et les bananiers aux côtés du cacao. Cette méthode procure de l'ombre et une meilleure irrigation, ce qui pourrait permettre aux variétés de cacao résistantes à la sécheresse de durer jusqu'à 25 ans, contre seulement cinq à dix ans actuellement.Les projections climatiques annoncent une aggravation de la situation
Les projections climatiques nationales indiquent que les températures en Côte d'Ivoire pourraient augmenter de 1,7 °C à 3,7 °C d'ici 2080. En réponse, le gouvernement a annoncé la création à Divo d'un institut dédié à la recherche sur le cacao et le café, dont l'objectif sera de garantir l'avenir des plantations de cacao du pays.