Recherche sur le cacao en Côte d'Ivoire

Des chercheurs ivoiriens travaillent à la mise au point d'une variété de cacao capable de mieux résister aux effets du changement climatique. Cet effort répond aux difficultés croissantes des producteurs de cacao, dont les cultures souffrent de périodes de sécheresse prolongées et de la baisse des précipitations.

Les besoins en eau du cacaoyer et l'évolution du climat

Le cacaoyer nécessite entre 1 200 et 2 000 millimètres de pluie par an, mais au cours des dernières décennies, les précipitations dans la région sont tombées à une moyenne de 1 100 millimètres. Ce recul est particulièrement marqué depuis les années 1980, ce qui a poussé les scientifiques à mettre au point des variétés de cacao résistantes à la sécheresse.

Essais de nouvelles variétés de cacao

Des scientifiques du Centre national de recherche agronomique (CNRA) ont mis au point 11 variétés de cacao qui semblent prometteuses pour résister au stress hydrique. Ces variétés sont actuellement testées en serre et dans les exploitations, dans le but à long terme de les commercialiser. Toutefois, le processus de recherche est lent et coûteux.

Les difficultés de la résistance à la sécheresse

Le généticien Caudou Trebissou fait remarquer que si les nouvelles variétés peuvent survivre à la sécheresse, elles connaissent souvent une floraison réduite ou une croissance modifiée. Ces changements entraînent une diminution du nombre de fruits et peuvent affecter le rendement global. En outre, les conditions sèches réduisent la fertilité des sols, ce qui rend plus difficile l'accès des plantes aux minéraux essentiels.

Les difficultés des producteurs et leurs stratégies d'adaptation

Des producteurs comme Anselme Kouakou ont vu leurs cacaoyers s'affaiblir, avec des symptômes tels que des branches sèches, des feuilles recroquevillées et moins de cabosses. M. Kouakou estime avoir perdu des millions de francs CFA à cause de ces conditions. Face à cette situation, certains producteurs, dont Koffi Alexis Amani, se sont tournés vers l'agroforesterie, en plantant aux côtés du cacaoyer des arbres procurant de l'ombre, comme l'anacardier, l'iroko et le bananier.

Les avantages potentiels de l'agroforesterie

L'agroforesterie peut contribuer à prolonger la durée de vie des variétés de cacao résistantes à la sécheresse. Dans ces systèmes, les cacaoyers peuvent vivre jusqu'à 25 ans, contre cinq à dix ans dans l'agriculture traditionnelle. Cette méthode offre également une meilleure irrigation et un meilleur ombrage, ce qui pourrait améliorer la résilience face au changement climatique.

Le rôle mondial de la Côte d'Ivoire dans la filière cacao

La Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, fournissant 40 % du marché mondial et contribuant à hauteur de 15 % au PIB du pays. La filière fait vivre environ cinq millions de personnes, directement et indirectement, et constitue un important produit d'exportation vers l'Europe, qui absorbe 70 % des ventes de cacao du pays.

Projections climatiques et réponse du gouvernement

Les études prévoient une aggravation des conditions climatiques en Côte d'Ivoire au cours des prochaines décennies, avec des phénomènes météorologiques plus extrêmes et une instabilité saisonnière accrue. Les températures ont déjà augmenté de 1 °C depuis 1991 et pourraient croître de 1,7 °C à 3,7 °C d'ici 2080. Le gouvernement avertit que, sans action, la production de cacao pourrait chuter de 20 % d'ici 2050. En réponse, l'État a annoncé la création d'un nouvel institut de recherche à Divo, consacré à l'étude du cacao et du café.