Une étude de l’Agence internationale de recherche sur le cancer (IARC), organisme dépendant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publiée dans The Lancet Oncology, révèle qu’environ un cancer sur huit dans le monde est causé par des infections. Ces cancers sont en grande partie évitables grâce à des mesures comme la vaccination ou les traitements. En 2024, environ 2,3 millions de cas de cancer ont été attribués à des virus, bactéries ou parasites. Parmi les principaux agents infectieux identifiés figurent Helicobacter pylori, le virus du papillome humain (VPH) et les virus des hépatites. Ces résultats actualisent des recherches antérieures menées en 2018, qui avaient établi de nouveaux liens entre infections et cancers. Par exemple, le virus d’Epstein-Barr, connu pour provoquer certains lymphomes et cancers du nasopharynx, est désormais également associé au cancer de l’estomac et à d’autres lymphomes rares. En 2024, ce virus était responsable d’environ 260 000 cas de cancer. Helicobacter pylori reste la cause principale, avec quelque 760 000 cas, suivi du VPH (750 000 cas), de l’hépatite B (360 000) et de l’hépatite C (160 000). L’étude met également en lumière d’importantes disparités régionales. Les cancers d’origine infectieuse touchent principalement les populations des pays à faible revenu, où l’accès à la prévention et aux soins est limité. L’Asie de l’Est concentre à elle seule 42 % de ces cas, et l’Afrique subsaharienne 28,5 %. Le Dr Anna Giuliano, épidémiologiste au Moffitt Cancer Center, souligne que les agents infectieux peuvent provoquer des cancers et que des solutions existent. Elle insiste sur l’importance du dépistage et du traitement de l’hépatite C, de la vaccination contre les hépatites B et VPH, ainsi que de l’utilisation d’antibiotiques pour éradiquer Helicobacter pylori. À l’échelle mondiale, environ 20 millions de nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués chaque année. En 2022, le cancer du poumon était le plus fréquent, avec 2,5 millions de nouveaux cas, suivi du cancer du sein (2,3 millions) et du cancer colorectal (1,9 million). Selon l’IARC, environ 2,3 millions des nouveaux cas de cancer en 2024 étaient d’origine infectieuse, souvent évitables. Ces conclusions ont été publiées dans The Lancet Oncology. Les chercheurs ont estimé que douze agents infectieux, dont des virus, des bactéries et des parasites, étaient à l’origine de nouveaux cas de cancer en 2024. Helicobacter pylori a provoqué environ 760 000 cas, suivi du VPH (750 000 cas), de l’hépatite B (360 000), du virus d’Epstein-Barr (260 000) et de l’hépatite C (160 000). Le Dr Gary Clifford, coauteur principal de l’étude, a indiqué que la compréhension des cancers liés aux infections évolue grâce aux nouvelles découvertes scientifiques. Par exemple, le virus d’Epstein-Barr, responsable de la mononucléose infectieuse, est également associé à certains cancers comme les lymphomes et le cancer de l’estomac. L’étude a également mis en évidence des disparités géographiques. L’Asie de l’Est représente 42 % des cancers d’origine infectieuse, en grande partie en raison de Helicobacter pylori et de l’hépatite B. Cependant, des solutions existent, comme les vaccins contre le VPH et l’hépatite B, ainsi que les traitements contre le VIH et Helicobacter pylori. Les méthodes de prévention incluent l’utilisation de préservatifs et le dépistage des lésions précancéreuses dans les cancers du col de l’utérus et de l’anus. Le cancer du sein est désormais le cancer le plus diagnostiqué dans le monde, dépassant ceux du poumon et colorectal. Toutefois, le cancer du poumon reste le plus meurtrier. Environ la moitié de la population mondiale est infectée par Helicobacter pylori, qui peut provoquer des ulcères gastriques et parfois un cancer de l’estomac. L’Institut Pasteur s’est entretenu avec Hilde De Reuse, responsable de l’unité de pathogénie d’Helicobacter, pour en savoir plus sur cette bactérie et les recherches menées dans son laboratoire.