L'héritage chocolaté de Michèle Leray

Michèle Leray, chocolatière âgée de 83 ans, prépare la « barre marseillaise » depuis 1901, selon une recette transmise par son grand-père italien, installé à Marseille à la fin du XIXe siècle. La barre marseillaise est un praliné à base de noisettes et d'amandes, enrobé de chocolat noir ou au lait, sans beurre ni crème.

Méthodes traditionnelles et saveurs singulières

Michèle perpétue cette tradition à la main, sans machines, et adapte le séchage du chocolat en fonction de la météo. Elle propose aussi des saveurs originales, comme le chocolat à la cerise, à la guimauve, au poivre ou à l'oignon, vendus à la pièce, comme des pizzas. La boutique, située boulevard de la Libération, possède une façade couleur chocolat qui laisse deviner son identité.

Liens historiques avec Marseille

La boutique de Michèle a une histoire dans le quartier du Panier, où son commerce se trouvait auparavant à l'emplacement de la Boule Bleue. Jacques Chirac, ancien président de la République, appréciait, dit-on, son chocolat aux noisettes salées et infusées à l'huile d'olive, qu'elle faisait autrefois sécher sur des tables dans le Panier. Jean-Claude Gaudin, ancien maire de Marseille, fréquentait également la boutique et la trouvait rafraîchissante.

Continuité familiale et innovation

La fille de Michèle, Marine, a grandi dans la boutique du Panier et a depuis ouvert une nouvelle adresse rue Davso en 2019. Marine perpétue la tradition familiale de la « barre marseillaise », désormais une appellation protégée. Elle innove également avec ses propres emballages, la sculpture du chocolat et un nouveau concept de tablette où les clients peuvent choisir leurs propres garnitures.

Une nouvelle génération

Son fils Loup, âgé de 13 ans, l'aide pendant les vacances scolaires et pourrait un jour suivre les traces de sa famille, même si Marine espère qu'il trouvera sa propre voie, inspiré par son intérêt pour le Japon et les mangas.