L'eau, une ressource sensible au climat

Estelle Grelier, présidente de la Fédération professionnelle des entreprises de l'eau (FP2E), a déclaré à l'AFP lors d'une conférence de presse que l'eau est « une cause sensible au climat » et qu'elle « vaut davantage que cela ». Elle a insisté sur le fait que la gestion de l'eau doit être une priorité face à la multiplication des défis climatiques, comme les sécheresses prolongées et les canicules.

Éviter la remise à zéro des politiques

La FP2E veut empêcher les pouvoirs publics de « reprendre ces questions de zéro » à chaque grand aléa climatique, a affirmé Mme Grelier. La fédération souhaite des stratégies cohérentes et à long terme pour répondre aux enjeux de l'eau, plutôt que des mesures réactives prises en pleine crise.

Assurer le financement des services de l'eau

Parmi les principales recommandations de la FP2E figure celle consistant à « assurer le financement du service de l'eau ». La France fait face à un déficit d'investissement important : le retard accumulé dans les infrastructures hydrauliques est estimé à 4,6 milliards d'euros par an, auxquels s'ajoutent les coûts supplémentaires liés aux nouvelles réglementations sur la qualité de l'eau potable, selon le livre blanc de la FP2E.

Augmenter les dépenses dans l'eau

Mme Grelier a souligné que les fuites dans les réseaux entraînent la perte d'un litre d'eau potable sur cinq. Pour y remédier, la FP2E recommande de porter les dépenses liées à l'eau à 1 % du produit intérieur brut national, contre 0,84 % aujourd'hui.

Une loi pluriannuelle sur la transition écologique

La FP2E souhaite une loi pluriannuelle sur le financement de la transition écologique, comportant un volet dédié à l'eau, qui serait adoptée dans les cent premiers jours suivant l'élection. Cette loi devrait prévoir des mécanismes de suivi pour garantir les progrès, selon Mme Grelier.

Une « règle d'or » pour l'impact sur l'eau

La FP2E veut que cette loi soit « adossée à une forme de règle d'or », qui viserait à « évaluer l'impact sur la ressource en eau préalablement à l'adoption des projets ou des projets de loi ». Il s'agirait ainsi de s'assurer que les nouvelles politiques ne nuisent pas aux ressources en eau.

Un leadership européen en matière d'eau

À l'échelle européenne, la FP2E souhaite que la France devienne le chef de file de la politique européenne de l'eau, avec « une capacité d'intervention et une conviction comparables à son engagement dans la politique énergétique ». La fédération estime que la France devrait adopter sur les enjeux de l'eau une position aussi affirmée que celle qu'elle a adoptée dans le domaine de l'énergie.

Renforcer le financement de la recherche

Pour renforcer l'expertise française sur la qualité de l'eau, la FP2E souhaite que 2 % des 7,3 milliards d'euros du crédit d'impôt recherche consacrés à la recherche privée soient alloués à la qualité de l'eau potable, contre moins de 1 % actuellement.

Cinquante propositions et un débat

La FP2E a formulé une cinquantaine de propositions au total et souhaite organiser, le 1er décembre, un grand débat avec les candidats à l'élection présidentielle. Cela permettrait à la fédération de présenter directement ses recommandations à ceux qui briguent la présidence.