Les créateurs de contenus pour adultes sur la plateforme X s’inquiètent d’une loi proposée actuellement en discussion au Parlement, qui restreindrait le travail du sexe en ligne. Cette loi, incluant l’article 25, vise à lutter contre les violences sexistes et sexuelles envers les femmes et les enfants en assimilant certaines activités liées à la vente de contenus pour adultes à de la prostitution, un délit passible de sept ans de prison. Le texte prévoit également une amende de 1 500 euros pour certains clients, sur le modèle d’une loi adoptée en Suède en mai 2025. Bien que le texte doive encore être débattu et puisse évoluer lors des séances publiques, les acteurs de l’industrie gay du porno expriment déjà une vive inquiétude. Fabio Stallion, créateur de contenus pour adultes, estime que le Parlement devrait écouter les créateurs plutôt que de parler à leur place. Lui et d’autres professionnels du secteur soulignent qu’ils ne ressentent pas le besoin d’être protégés et expriment au contraire une profonde passion pour leur métier. « J’ai choisi de vivre de ma passion », déclare Kinkoer, tandis que Maxime Andolini explique avoir quitté un emploi bien rémunéré et qualifié pour se lancer dans cette voie. Les quatre créateurs interrogés étaient principalement des performeurs avant d’entrer dans l’industrie du porno, avec une approche centrée sur l’expérience plutôt que sur la récompense financière. Maxime Andolini raconte avoir commencé dans le milieu après avoir posté une photo de son pénis sur Twitter en 2020, ce qui lui a valu une hausse de followers et des revenus supplémentaires. Kinkoer, quant à lui, a intégré la profession via la scène fétichiste, en se produisant sur scène et dans des scènes filmées pour des studios. Il apprécie la flexibilité et l’esprit de communauté de cette « famille fétichiste », malgré le stigmate potentiel lié à ce travail. Les créateurs insistent sur le fait que le porno n’est pas un choix par défaut. Tony Silver précise qu’il avait les moyens de poursuivre une carrière plus conventionnelle, mais a choisi cette voie plutôt qu’un emploi physiquement exigeant chez Carrefour. Fabio Stallion souligne que, même si le travail n’est pas toujours passionnant, il peut être lucratif, notamment avec les vidéos privées, plus exigeantes mais mieux rémunérées. Ils s’inquiètent aussi de voir leurs collaborateurs ciblés par la loi, encore en discussion. Tony Silver s’interroge : « Est-ce que filmer ma partenaire pendant une scène ferait de moi un proxénète ? », soulignant l’ambiguïté de la proposition législative. Les partisans de l’article 25 estiment que le monde virtuel est une jungle et que les jeunes ont besoin de protection. Pourtant, la plupart des plateformes ont mis en place des garde-fous, comme OnlyFans qui exige des formulaires de consentement et une vérification d’identité par intelligence artificielle. Les plateformes régulent aussi les contenus, OnlyFans étant particulièrement prudent avec les pratiques fétichistes et rejetant les uploads contenant certains éléments. JustForFans est cité comme une alternative plus adaptée aux contenus fétichistes, avec une obligation de taguer les participants dans les vidéos. Les créateurs plaident pour une réduction du stigmate qui pèse sur eux et entrave leur vie professionnelle. Ils évoquent par exemple des difficultés à ouvrir des comptes bancaires professionnels, un directeur de banque ayant finalement renoncé après avoir découvert leur métier. Ils suivront les débats sur cette loi, qui débuteront dans l’hémicycle à partir du 1er octobre.