Dès que l’huissier a ouvert la porte, une vingtaine de jeunes visages se sont engouffrés dans la salle d’audience, donnant à la salle 101 du tribunal de Strasbourg une atmosphère de salle de classe. Ce vendredi 9 octobre, une trentaine de personnes étaient venues soutenir leur camarade lutteur, poursuivi pour violences envers un policier lors de la journée de mobilisation lycéenne du 6 octobre. L’affaire s’inscrit dans une vague plus large de contestations liées aux réformes éducatives, qui ont donné lieu à des manifestations dans toute la France. « Au début, tout s’est bien passé, on a suivi le parcours », raconte Ali M., retraçant son parcours depuis les marches du tribunal. « Et puis ça a basculé en manifestation sauvage, et les secouristes de rue ont suivi. » Titulaire d’un certificat de secourisme, Ali a rejoint l’équipe des secouristes de rue peu après les manifestations lycéennes, « choqué par la répression de ces rassemblements ».
« Quand il a été arrêté, il avait tout l’équipement d’un secouriste de rue : sérum physiologique, etc. », énumère son avocat, Maître Alexis Galand. Au total, son client a passé 53 heures en garde à vue, soit les 48 heures réglementaires maximales, plus cinq heures supplémentaires en attendant d’être présenté au juge des libertés. « C’était un moment difficile, j’ai été traité comme un criminel », témoigne-t-il, évoquant les insultes entendues depuis sa cellule. « Les preuves sont très légères » : alors que le jeune homme traverse la salle d’audience, ses sourires sont brouillés par l’absurdité de la situation, difficile à contenir. Pour son avocat, Ali est jugé alors que « les preuves sont très légères ». Il précise : « Il n’y a qu’un seul témoin, l’exploitation des vidéos, celle des images de drone et celles des caméras embarquées n’a rien donné. Il n’y a rien. »
Auparavant, il avait été accusé d’avoir tiré un projectile en direction d’un policier et d’avoir fracturé sa mâchoire, s’indigne son avocat, ce qui avait justifié sa placement en garde à vue. Le policier avait été blessé à la tête par une pierre. « Mais la victime n’a pas vu qui avait lancé la pierre », glisse Maître Alexis Galand. Ali est finalement poursuivi pour avoir lancé deux projectiles, mais rien ne concerne la blessure du policier. « On ne comprend pas le PV (procès-verbal, note de la rédaction) qui a été dressé », s’agace immédiatement Christophe Deshayes, le président, avant d’évoquer les trois policiers présents lors de l’arrestation d’Ali : « J’ai une difficulté dans cette affaire, c’est que Stéphane B. n’a pas été entendu, Madame F., on ne sait pas de qui elle parle, et la procédure repose sur M., dont la défense demande un contre-interrogatoire. »
Stéphane Renard, représentant le parquet, renchérit : « Moi-même, j’ai dû le relire deux ou trois fois pour le comprendre. » L’affaire du jeune secouriste de rue a finalement été renvoyée au 26 novembre 2026. En attendant son procès, il a été décidé de maintenir son contrôle judiciaire, notamment l’interdiction de participer à une manifestation de rue. « Et si je passe par là ? » s’interroge Ali, arguant que, depuis le début des mobilisations lycéennes, le centre-ville est régulièrement traversé par des manifestations non déclarées. « Faites un grand détour », conseille le président, précisant que seul le juge des libertés peut décider de lever un contrôle judiciaire. Une décision que regrette Maître Alexis Galand, qui conteste le renvoi de l’affaire : « On lui interdit de manifester pour une longue période, les faits sont sérieusement contestés et M. n’a commis aucune violence, c’est établi. Il a pourtant le droit d’exprimer ses opinions. »
Le procès d'un jeune catcheur, accusé de violences policières lors de manifestations, reporté
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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