La Nouvelle-Calédonie impose un moratoire minier de 50 ans

Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie a adopté en avril 2025 un moratoire de 50 ans sur l'exploration et l'extraction de minéraux dans sa zone maritime, invoquant le principe de précaution pour protéger l'environnement. La décision a suivi des discussions animées entre les groupes indépendantistes, l'alliance Calédonie ensemble, qui s'y est opposée, et la faction loyaliste, qui l'a soutenue.

L'action américaine contraste avec l'interdiction locale

Le vote a eu lieu peu après la signature, par le président américain Donald Trump, d'un décret autorisant l'exploitation minière des grands fonds marins dans les eaux internationales, une mesure que l'AFP a relevée comme étant en contradiction avec le droit international. Selon la réglementation locale, l'interdiction calédonienne ne s'applique pas aux recherches scientifiques qui évitent de causer des dommages environnementaux majeurs.

Mettre la protection de l'océan avant le profit

Lors des débats, Jérémie Katidjo Monnier, membre du gouvernement chargé de la biodiversité et du Parc naturel de la mer de Corail, a insisté sur la nécessité d'éviter les gains économiques immédiats et de faire plutôt de la Nouvelle-Calédonie un modèle de conservation des océans. Il a reconnu l'intérêt des multinationales pour les richesses minérales de la région.

Désaccord sur la définition de l'exploration

Françoise Suve et Nicolas Metzdorf, de la faction loyaliste, ont soutenu que l'« exploration », définie comme l'acquisition de connaissances, devait être incluse dans le moratoire. Magali Manuohalalo, rapporteure spéciale, a toutefois répliqué que l'exploration est un préalable à l'exploitation et a appelé à une interprétation prudente de ce terme.

Critiques contre la prolongation du moratoire

Un amendement prolongeant le moratoire de 10 à 50 ans, proposé par le groupe UC-FLNKS et nationalistes, a essuyé les critiques d'élus loyalistes qui le jugeaient trop long. Le député Nicolas Metzdorf a insisté sur la nécessité de garantir que les générations futures puissent tirer profit des ressources de la région.

Pas de nouveau débat majeur sur les ressources des grands fonds

Depuis le vote d'avril 2025, les élus calédoniens n'ont pas tenu de grands débats publics sur les ressources des grands fonds marins. Bien qu'une grande compagnie pétrolière ait déjà manifesté son intérêt pour la zone, le moratoire n'autorise que des expéditions scientifiques, sous des conditions strictes.

Le nickel reste au centre des préoccupations

Johanito Wamytan, membre du gouvernement chargé des questions maritimes, a indiqué que le moratoire impose que les données soient partagées avec les centres de recherche locaux. Il a souligné que l'attention de la Nouvelle-Calédonie reste tournée vers le nickel, qui continue de dominer les priorités économiques de la région.

Rejet de l'opposition au moratoire

Dix-huit conseillers du Rassemblement et de l'Intergroupe loyaliste se sont opposés au moratoire de 50 ans, demandant une seconde lecture et proposant une durée plus courte. Leurs amendements ont toutefois été rejetés le 28 mai, par 30 voix contre 14, confirmant ainsi l'interdiction prolongée.

Lancement d'un nouveau projet de câble à fibre optique

En février 2026, le projet Tamtam, un câble à fibre optique de 411 kilomètres reliant Port-Vila à Lifou, a été officiellement lancé. Le câble, dont le déploiement est prévu d'ici la fin de 2027, comprendra également des nœuds de capteurs dans la faille des Nouvelles-Hébrides afin de surveiller des phénomènes naturels tels que les séismes et la pression de l'eau.

Un premier mondial espéré pour la surveillance scientifique

François Houllier, directeur général de l'Ifremer, a exprimé l'espoir que le projet Tamtam puisse réaliser une première mondiale en matière de surveillance scientifique. Les premières données du projet sont attendues au début de 2028, offrant de nouvelles informations sur les conditions géologiques et environnementales de la région.