La France prévoit d'encadrer la financiarisation du secteur de la santé, en cherchant à concilier les intérêts des investisseurs, la qualité des soins et l'indépendance des prestataires.
Réforme de la financiarisation du secteur de la santé
Le gouvernement français a dévoilé une stratégie destinée à répondre à l'influence croissante des acteurs financiers dans le secteur de la santé. Plutôt que d'introduire de nouvelles lois, il entend avant tout clarifier le cadre juridique existant. Cette approche vise à concilier les intérêts des investisseurs privés et ceux des professionnels de santé.Définition et champ de la financiarisation
La financiarisation désigne la participation d'entités financières, comme les fonds de capital-investissement, à la propriété d'entreprises de santé privées. Cette tendance s'est accentuée depuis les années 1990 et 2000, d'abord dans les cliniques, les laboratoires et les centres d'imagerie, puis dans d'autres services de santé.Croissance des investissements et inquiétudes
Entre 2020 et 2024, plus de 4 milliards d'euros ont été investis par les fonds de capital-investissement dans le secteur de la santé, selon les ministères français. Cette situation suscite des inquiétudes chez les professionnels de santé, qui estiment que la recherche du profit pourrait primer sur la qualité des soins apportés aux patients.Mesures proposées par le gouvernement
Le plan du gouvernement, annoncé le 13 octobre, vise à préserver l'indépendance des professionnels de santé tout en respectant les droits des investisseurs. Il reconnaît à la fois les risques et les avantages de la financiarisation, notamment l'amélioration des services de santé et de la productivité, tout en mettant en garde contre d'éventuels effets négatifs.Initiatives éducatives et réglementaires
Pour aider les prestataires de santé à s'orienter dans la financiarisation, le gouvernement élaborera des outils pédagogiques et améliorera la transparence concernant les options de financement. Une « doctrine d'usage » sera créée afin de préciser la loi et pourra servir à régler les différends avec les investisseurs.Nouveaux mécanismes de contrôle et de déclaration
Un dispositif national d'alerte permettra aux professionnels de santé de signaler leurs griefs, et un registre permettra de relier les structures de santé à leurs réseaux. Un observatoire sera mis en place pour suivre la situation, et certaines autorisations d'équipements pourront être liées à des objectifs de santé publique.