L’Europe a continué d’importer des quantités significatives de gaz naturel liquéfié (GNL) russe en 2026, malgré les sanctions internationales imposées après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Selon une nouvelle analyse de l’ONG allemande Urgewald, réalisée à partir des données du spécialiste du transport maritime Kpler, les ports de l’Union européenne ont reçu 12,18 millions de tonnes de GNL issu du projet russe Yamal entre janvier et septembre 2026, soit une hausse de 9,5 % par rapport à la même période en 2025. La valeur totale de ces importations depuis le début de l’année s’élève à environ 7,88 milliards d’euros, dont 2,88 milliards au premier trimestre, 3,08 milliards au deuxième et 1,92 milliard au troisième. En neuf mois, pas moins de 167 cargaisons de GNL russe ont été déchargées dans les ports européens, soit en moyenne un navire méthanier toutes les 38 heures.
L’Union européenne représente désormais 85 % des livraisons du projet Yamal, exploité dans l’Arctique russe. Malgré une légère baisse de 1,3 % des exportations mondiales de ce site durant la période, l’Europe a accru ses importations. La France a reçu près des trois quarts des livraisons en septembre, tandis qu’aucun approvisionnement en provenance de Yamal n’a été enregistré en Espagne ni au terminal belge de Zeebrugge ce mois-là.
Une grande partie de ce gaz russe arrive en France, en partie parce que TotalEnergies détient 20 % du projet gazier Yamal et dispose d’un contrat à long terme pour acheter 5 millions de tonnes de GNL par an. La France dispose de plusieurs terminaux méthaniers, notamment à Dunkerque et Montoir-de-Bretagne, qui permettent de réceptionner ce gaz avant de le redistribuer éventuellement vers d’autres pays européens, comme l’Allemagne. Il n’est pas exclu que tout le gaz russe déchargé dans les ports français ne soit pas consommé sur place.
Les importations européennes, toutefois, ont ralenti durant l’été. Au troisième trimestre, les ports de l’UE ont reçu 2,21 millions de tonnes de GNL en provenance de Yamal, soit une baisse de 13,6 % par rapport à l’année précédente. En septembre, les livraisons ont légèrement dépassé leur niveau de septembre 2025, avec 792 440 tonnes de gaz russe importées, pour une valeur estimée à 818 millions d’euros.
Les premières restrictions européennes sur les contrats de GNL russe sont déjà entrées en vigueur. Depuis le 25 avril 2026, les importations réalisées dans le cadre de contrats à court terme existants sont interdites. Pourtant, les effets de cette mesure restent très limités, selon Urgewald. L’UE a importé plus de 12 millions de tonnes de GNL en provenance de Yamal cette année, ce qui représente une moyenne de plus de 44 000 tonnes par jour. L’interdiction des contrats à court terme n’a pour l’instant que légèrement perturbé les échanges avec la Russie.
Les entreprises ayant signé des contrats pluriannuels peuvent continuer à recevoir du gaz russe jusqu’à la fin de l’année 2026. L’objectif est de laisser aux entreprises européennes le temps de trouver d’autres fournisseurs sans risquer de rupture d’approvisionnement ou de nouvelle flambée des prix. C’est donc seulement à partir du 1er janvier 2027 que toutes les importations de GNL en provenance de Russie devront être interdites. Une échéance qui pourrait priver Moscou de son principal débouché pour le gaz produit dans l’Arctique.
La proximité des ports européens permet aux méthaniers russes d’effectuer plusieurs allers-retours. Le projet Yamal, en particulier, s’appuie sur des brise-glaces de classe Arc7, capables de naviguer dans les eaux glacées de l’Arctique, y compris en hiver. Urgewald appelle donc les Européens à aller plus loin en ciblant les services qui permettent à cette flotte de fonctionner. Chaque mois supplémentaire pendant lequel le commerce du GNL se poursuit pratiquement sans interruption représente des revenus supplémentaires pour la Russie, alors que l’Ukraine continue de subir quotidiennement des attaques par missiles et drones.
Une autre menace pèse sur les exportations russes. Le 18 septembre, les États-Unis ont adopté le Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act, une loi permettant de sanctionner les acteurs impliqués dans le commerce du GNL russe. Le texte vise notamment les dirigeants du projet Yamal, les navires étrangers transportant sciemment du GNL russe, mais aussi les propriétaires et exploitants de ports étrangers qui accueilleraient certains navires sanctionnés ou leur fourniraient des services. Son application dépend cependant des décisions du président américain, qui dispose également de la possibilité d’exemptions.
Les importations européennes de GNL russe atteignent des niveaux records malgré les sanctions
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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Sources d'origine :
- 🇫🇷BFMTV



