Des professeurs de français à La Réunion utilisent la corolle lexicale pour mieux maîtriser le vocabulaire, grâce à des méthodes interdisciplinaires, et aider les élèves en langue et en maths.
Le français, à la fois langue et discipline
À La Réunion, le français est enseigné à la fois comme langue d'enseignement et comme discipline à part entière. Les enseignantes et enseignants Valérie Delavois et Vincent Dambreville explorent de nouvelles façons d'aider les élèves à maîtriser le vocabulaire grâce à des méthodes interdisciplinaires.Repérer les biais de compréhension
Leur démarche consiste à identifier la manière dont les élèves comprennent la langue, à élaborer des stratégies pour structurer et enrichir le vocabulaire, et à recourir à des contextes variés pour aider les élèves à manipuler les mots. Ils cherchent également à accompagner les élèves en difficulté pour qu'ils parviennent à formuler des énoncés cohérents.Formation en éducation prioritaire
Valérie et Vincent ont commencé leur travail interdisciplinaire dans le cadre de missions de formateur en éducation prioritaire. Vincent a participé à une session de formation à l'IFE avec des experts de l'Université de Genève, où ils ont discuté de la manière dont la langue influence la pensée et la résolution de problèmes.La langue influence la pensée
Dominique Lahanier-Reuter et Emmanuel Sander ont mis en lumière la manière dont les structures linguistiques peuvent présenter des atouts et des biais. Par exemple, la locution anglaise « a cat » peut avoir un sens différent de celui de son équivalent en français. Ils ont également examiné la façon dont les élèves pourraient aborder différemment les problèmes de mathématiques selon leur langue.La corolle lexicale comme outil
Valérie a présenté à Vincent la corolle lexicale, un outil élaboré à l'origine pour la littérature en 1991 par le groupe Eva. Elle permet aux élèves d'explorer les multiples dimensions d'un mot en le plaçant dans une bulle centrale et en le reliant à des notions associées.Adapter l'outil aux mathématiques
Vincent a adapté la corolle lexicale à l'enseignement des mathématiques, en se concentrant sur les énoncés de problèmes. Les élèves construisent la corolle autour de trois questions clés : « Qui ? » (ou « combien de ? »), « Que fait-on ? » (verbe d'action) et « Quand ? » (repères chronologiques). Cela les aide à se concentrer sur le sens du problème.Éviter les verbes vagues
Vincent a insisté sur la nécessité d'éviter, dans les énoncés de problèmes, les verbes vagues comme « avoir », « faire » ou « être », car ils peuvent prêter à confusion. Il a donné l'exemple d'un énoncé d'élève peu clair et montré comment le reformuler avec un vocabulaire plus précis.Stratégies de vocabulaire actif
Valérie a affirmé qu'il ne suffit pas de demander aux élèves quels sont les mots qu'ils ne connaissent pas ou de leur fournir des définitions. Selon elle, le vocabulaire doit être développé activement, grâce à des stratégies qui aident les élèves à organiser les mots et à les utiliser dans différents contextes, à la manière des branches d'un arbre.Engagement et réflexion
Vincent a remarqué que les élèves s'investissent profondément dans la corolle lexicale, en réfléchissant aux difficultés qu'elle soulève au-delà du seul exercice. Valérie estime que les approches interdisciplinaires l'ont aidée à repenser les difficultés rencontrées par ses élèves, et souligne la valeur d'une réflexion croisée entre différents points de vue.Élargir l'usage de l'outil
La corolle lexicale a été partagée avec d'autres disciplines, notamment l'histoire-géographie. Les enseignants de ces matières l'ont trouvée utile pour explorer des notions. Ils envisagent aussi d'utiliser d'autres outils mathématiques, comme les « figures téléphone », pour aider les élèves à réaliser des cartes ou des paysages urbains.