Des élèves d'une école française allient art et littérature dans un projet autour de la fenêtre, explorant perspectives personnelles et émotions à travers la photographie et la poésie.
Projet interdisciplinaire autour des fenêtres
Au collège des Acacias, au Havre, Ophélie Jomat, professeure de français, et Lise Minvielle-Moncla, professeure d'arts plastiques, ont mené un projet interdisciplinaire avec des élèves de 4e et de 3e. Les élèves ont photographié des fenêtres depuis chez eux, les ont retravaillées, les ont décrites et s'en sont servis pour écrire des textes poétiques à la première personne.Objectifs du projet et implication des élèves
Le projet de photographie sur le thème des fenêtres a été proposé au troisième trimestre aux élèves qui éprouvaient souvent des difficultés ou qui étaient fréquemment absents. Il leur a permis de travailler en petits groupes. Il s'inscrivait dans le programme de français « Se raconter, se dire au monde » et dans le programme d'arts plastiques, qui met l'accent sur l'expérience sensible de l'espace et sur la création numérique. Le projet s'inspirait des travaux du philosophe Gaston Bachelard, en particulier La Poétique de l'espace et La Poétique de la rêverie.Consignes photographiques et démarche de création
Les élèves devaient réaliser une « ode photographique sur le thème de la fenêtre » sur une période de deux à trois semaines. On les encourageait à trouver de la nouveauté dans les gestes du quotidien, à expérimenter le cadrage, la lumière et des techniques de retouche comme les filtres, le contraste ou le flou. Ils étaient également invités à réfléchir à des questions telles que l'emplacement de la fenêtre, ce qu'elle laisse voir et l'atmosphère émotionnelle qu'elle peut créer.Lien avec la littérature française
Ophélie Jomat a adapté la consigne d'écriture poétique au niveau de chaque classe. En 4e, le projet s'est articulé autour du mythe d'Orphée et Eurydice et de l'étude de poèmes d'amour de Sappho et de Louise Labé. En 3e, il s'inscrivait dans le thème de l'autobiographie et de l'autoreprésentation, ce qui renforçait le lien entre les programmes d'arts plastiques et de français.Réflexions des élèves et acquis d'apprentissage
Les élèves ont décrit leurs photographies, exprimé leurs impressions et cherché des titres. Ils ont eu l'occasion de discuter de leur expérience et de leurs réflexions. Les deux enseignantes ont constaté que l'approche interdisciplinaire leur avait permis de voir leurs élèves sous un jour nouveau et avait encouragé ceux-ci à établir des liens entre les différentes matières.Expression émotionnelle et personnelle
Le projet demandait aux élèves d'explorer leurs pensées personnelles et leurs conditions de vie à travers leur travail. Le programme de français met de plus en plus l'accent sur l'écriture personnelle et subjective, qui traduit les émotions et les expériences des élèves. Certains élèves ont toutefois hésité à partager leur travail, par crainte du jugement de leurs camarades ou de l'exposition sur les réseaux sociaux, et certains ont choisi de publier sous un pseudonyme.Liberté et intersubjectivité
Les deux enseignantes ont insisté sur le fait que le projet ne devait pas être perçu comme une obligation, mais comme une possibilité. Elles ont souligné l'importance de l'intersubjectivité, de l'imagination active et de la liberté personnelle dans l'apprentissage. Elles ont cité l'idée du philosophe Edgar Morin selon laquelle « Nous sommes nés de rencontres », et ont mis en avant la valeur du maintien de la liberté de conscience dans l'éducation.Accès aux travaux des élèves
Les projets des élèves sont accessibles sur Canva, via un lien fourni. Des informations complémentaires sur le projet sont disponibles sur le site de l'établissement ainsi que dans un article du Café pédagogique.