L'État français dépense 100 millions d'euros par an pour les logiciels de bureautique de Microsoft

Le gouvernement français consacre chaque année 100 millions d'euros aux logiciels de bureautique, Microsoft en étant le principal bénéficiaire. Ce montant, calculé par la Cour des comptes, comprend les licences, les services et les salaires des équipes informatiques pour les traitements de texte, les tableurs, la messagerie et les outils de visioconférence utilisés dans les services de l'État, centraux comme déconcentrés.

Microsoft domine l'usage des logiciels dans la plupart des ministères

La suite Office de Microsoft est utilisée sur presque l'ensemble des 860 000 ordinateurs des ministères, à l'exception de la gendarmerie et de l'administration fiscale, qui fonctionnent avec succès sans elle. La gendarmerie, en particulier, est passée à des logiciels libres et open source depuis le début des années 2000.

Les responsables financiers poussent vers le passage aux logiciels libres

Les responsables financiers plaident pour un passage aux logiciels libres, invoquant des économies potentielles et des préoccupations liées à la souveraineté des données. Le rapport souligne que le coût d'une licence Office s'élève à 150 à 200 euros par employé et par an, alors que des alternatives libres comme LibreOffice sont disponibles gratuitement.

Le coût par ordinateur révèle de fortes disparités

Le coût annuel moyen des outils bureautiques et collaboratifs par ordinateur s'élève à 87 euros. Ce montant varie toutefois fortement d'un ministère à l'autre. Par exemple, le ministère de l'Intérieur dépense environ 20 euros par ordinateur, tandis que le ministère de la Culture en dépense 378, en grande partie en raison de son utilisation de Microsoft 365.

Microsoft 365 est interdit, mais toujours utilisé

Microsoft 365, la version en ligne d'Office, est interdit depuis 2021 en raison de préoccupations de sécurité des données liées au droit américain. Toutefois, certains ministères ont obtenu des dérogations temporaires leur permettant de continuer à l'utiliser jusqu'en 2026, voire au-delà.

La gendarmerie et l'administration fiscale en tête de l'adoption des logiciels libres

La gendarmerie et l'administration fiscale (DGFiP) ont réussi leur transition vers les logiciels libres, ce qui a permis de réduire les coûts et de renforcer la souveraineté des données. La gendarmerie utilise un système d'exploitation basé sur Linux, baptisé GendBuntu, sur 72 000 ordinateurs portables, tandis que la DGFiP a abandonné Office à la fin des années 2000 pour des raisons de coût et de sécurité.

Des obstacles persistent dans la transition vers les logiciels libres

Malgré ces avantages, certains ministères continuent de dépendre de Windows et de Microsoft Office pour des tâches spécifiques, comme l'échange de fichiers avec d'autres services. Cela crée des problèmes de compatibilité et limite la transition complète vers les logiciels libres, même si le niveau de satisfaction des agents reste comparable d'une plateforme à l'autre.

Les logiciels libres pourraient permettre d'économiser entre 30 et 65 millions d'euros par an

La Cour des comptes estime que le passage à des logiciels libres installés directement sur les ordinateurs pourrait faire économiser entre 30 et 65 millions d'euros par an à l'État. Toutefois, la plupart des ministères envisagent Bleu, un service de cloud français qui fait fonctionner Microsoft 365, bien que celui-ci ne réponde pas encore aux normes de cybersécurité.

Le gouvernement s'engage dans un plan de transition

Le gouvernement a accueilli favorablement les recommandations de la Cour des comptes et prévoit de créer ARIANE en 2027 pour superviser les choix technologiques. Un plan de transition pluriannuel est attendu, même si le calendrier reste flexible, et l'accent mis sur les solutions industrielles européennes pourrait influencer les futurs contrats.