Le romancier haïtien Thélyson Orélien a récemment participé au festival littéraire Manosque Correspondances, en France, aux côtés de l’écrivain Dorcy Rugamba, pour évoquer son roman C’était ça ou mourir. L’ouvrage, d’abord publié au Québec, a ensuite été édité en France. Maya Michalon, qui a présenté le livre lors de l’événement, a déclaré : « On va mettre la polémique dans un sac plastique et parler de littérature avec notre intelligence naturelle. » Pourtant, Orélien fait face à des accusations d’avoir utilisé l’intelligence artificielle pour rédiger son roman et de s’être inspiré de plusieurs textes canadiens plus anciens. Malgré ces critiques, certains participants ont salué l’œuvre, comme ce lecteur qui a affirmé : « Intelligence artificielle ou pas, on s’en fiche. J’ai trouvé son roman formidable et je l’ai adoré. » Un autre a souligné le parcours personnel de l’auteur en ces termes : « On se rend compte qu’on harcèle un homme qui a quitté son pays avec un simple sac plastique comme bagage, un homme qui a vécu l’enfer et qui a publié un livre exceptionnel. »
Visiblement touché par la controverse, Orélien a choisi de ne pas se rendre aux séances de dédicaces. Après ses interventions lors de l’événement, où le public n’a pas été invité à poser de questions, il a longuement évoqué les origines de son roman. L’Académie Goncourt, prestigieuse récompense littéraire française, a pris une décision inhabituelle en publiant un communiqué pour annoncer le retrait de l’ouvrage de sa première sélection. Éric-Emmanuel Schmitt, écrivain reconnu, évoquera cette décision dans l’émission de Léa Salamé, Quelle époque !. L’Académie a en effet décidé de ne plus couronner de premier roman, sauf dans des circonstances exceptionnelles.
C’était ça ou mourir, lauréat du prix Méduse et du prix Fnac des romans, raconte l’histoire de Jonas Dorléon, professeur d’histoire-géographie qui assiste à la destruction de sa maison à Port-au-Prince lors d’un épisode violent. Le roman s’inspire de la description que Stendhal fait de Fabrice del Dongo dans Le Rouge et le Noir, dépeignant Jonas comme un personnage non traditionnel, en quête de survie. Muni d’un simple sac plastique contenant ses affaires, Jonas entame un périple vers le Canada, affrontant désespoir, misère et de nombreux obstacles.
Orélien cherche à illustrer la transformation émotionnelle et psychologique d’un homme qui perd ses repères, son statut et sa dignité, mais qui continue de se battre pour préserver une part de lui-même. Le roman s’ouvre et se clôt sur les mots de René Depestre, écrivain haïtien : « Nous n’avons pas de patrie, mais nous avons du courage. » L’histoire s’achève sur une note optimiste, mettant en avant les thèmes de la solidarité et de l’expérience humaine partagée. Après Manosque Correspondances, Orélien a quitté la France, où il a été salué par Dorcy Rugamba, lui-même auteur de l’acclamé Les enfants gâtés de Butare. Son travail a reçu un accueil chaleureux et bienveillant du public.
Un roman d'une écrivaine haïtienne-quebecoise suscite la polémique lors d'un événement littéraire
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Sources d'origine :
- 🇫🇷Destimed



