La France et le Japon s’apprêtent à lancer la mission internationale MMX (Martian Moons eXploration) le 19 octobre, avec pour objectif d’étudier l’origine des deux petites lunes de Mars, Phobos et Deimos. Ce projet, soutenu par plusieurs agences spatiales dont la JAXA (Japon), le CNES (France), le DLR (Allemagne), la NASA (États-Unis) et l’ESA (Agence spatiale européenne), inclut un élément clé : un petit rover d’exploration nommé Idefix, développé conjointement par le CNES et le DLR. Ce rover aura pour mission d’aider à collecter des échantillons sur Phobos, puis de les ramener sur Terre, avec l’ambition de rapporter au moins 10 grammes de poussière d’ici 2031. Le lancement sera assuré par la nouvelle fusée japonaise H3, un lanceur lourd dont la certification a été obtenue récemment après avoir surmonté des défis initiaux, dont plusieurs explosions lors des tests. L’enjeu scientifique est de taille : trancher un débat ancien sur l’origine de Phobos et Deimos, à savoir s’il s’agit d’astéroïdes capturés ou de débris issus d’un impact géant sur Mars. Comprendre leur formation pourrait livrer des indices précieux sur les débuts du système solaire. L’un des principaux défis de la mission réside dans la navigation autour de Phobos, dont le diamètre n’est que de 24 km et dont la gravité est extrêmement faible. Cette faible gravité empêche toute mise en orbite traditionnelle autour de la lune. À la place, la sonde MMX utilisera une technique appelée orbites quasi-satellites (QSO) pour accompagner Phobos dans sa révolution autour de Mars. L’attraction gravitationnelle de Phobos est si ténue que son influence ne s’étend que sur quelques centaines de mètres, exigeant un contrôle précis de la vitesse de la sonde pour rester à proximité. Le rover Idefix, qui pèse 25 kg sur Terre, ne pèserait que 15 grammes sur Phobos en raison de la gravité extrêmement faible de cette lune, environ 2 000 fois inférieure à celle de la Terre. Une telle légèreté signifie qu’un simple mouvement pourrait le propulser dans l’espace : il se déplacera donc très lentement, à une vitesse comprise entre 1 et 3 cm par seconde. En cas de basculement lors de son déploiement, ses quatre pattes motorisées lui permettront de se redresser automatiquement. La mission rappelle celle de Rosetta en 2014, lorsque l’atterrisseur Philae avait rebondi à la surface d’une comète en raison d’une microgravité sous-estimée. Idefix testera la consistance du sol avant l’atterrissage du module principal. La sonde MMX et le rover Idefix sont équipés d’une série d’instruments de pointe, dont un spectromètre infrarouge, un spectromètre gamma et neutron, des caméras haute résolution, un altimètre laser et un système de prélèvement d’échantillons, entre autres.