Depuis le 1er janvier 2026, la valeur des produits envoyés aux créateurs de contenu est intégrée au seuil légal exigeant un contrat écrit. Cette modification transforme la gestion du marketing d’influence, en particulier pour les entreprises qui combinent des campagnes formelles, avec budgets et contrats, et des arrangements informels où des produits sont envoyés aux créateurs en échange d’un post ou d’une mention. Une loi adoptée le 9 juin 2023, récemment précisée par un nouveau décret, considère désormais tout produit offert à un créateur comme une forme de rémunération. Ainsi, si une marque envoie un produit à un créateur en échange d’un post promotionnel, la marque et le créateur sont soumis aux lois sur la publicité. La loi ne fixe pas de seuil minimal d’audience pour qu’un créateur soit considéré comme une personnalité : même une personne disposant de 2 000 abonnés est concernée. Le seuil déclenchant l’obligation d’un contrat écrit est fixé à 1 000 euros par an, hors taxes. Ce montant peut sembler élevé pour un seul produit, mais il est calculé sur une base annuelle et inclut toutes les formes de compensation, qu’il s’agisse de paiements en espèces ou de bénéfices en nature, émanant de la même marque vers le même créateur pour un même objectif promotionnel. Par exemple, trois envois d’une valeur de 350 euros chacun au cours d’une année atteignent ce seuil. En l’absence de contrat écrit, l’accord est considéré comme nul. La loi impose également que toute collaboration soit clairement indiquée comme une « publicité » ou une « collaboration commerciale » dans le contenu. Le non-respect de cette obligation peut être qualifié de pratique commerciale trompeuse, un délit passible de deux ans de prison et d’une amende de 300 000 euros. Marque et créateur sont conjointement responsables des dommages causés à des tiers par le contenu. Si cette loi est souvent perçue comme une réponse aux excès de certains influenceurs, son objectif principal est de réguler les pratiques publicitaires et de garantir la transparence des contenus sponsorisés. L’objectif de cette loi est d’établir des attentes et des responsabilités claires pour les marques comme pour les créateurs. Un contrat écrit oblige les parties à définir ce qui est attendu en échange de la promotion, quelle compensation est prévue et qui détient les droits sur le contenu. Ces questions sont souvent sources de litiges lorsqu’elles ne sont pas abordées dès le départ. La loi offre aux créateurs une relation plus claire avec les marques et permet à ces dernières de savoir précisément ce pour quoi elles paient. Le défi ultime reste de modifier une habitude répandue : considérer l’envoi de produits avec la même rigueur qu’une facture.