Des scientifiques découvrent un nouveau traitement contre la maladie d'Alzheimer qui protège les cellules cérébrales en ciblant le système immunitaire, et non la protéine tau.
Une nouvelle approche pour protéger les cellules cérébrales dans la maladie d'Alzheimer
Des chercheurs ont mis au point une méthode permettant de protéger les neurones des lésions causées par la maladie d'Alzheimer, sans cibler la protéine tau, qui est un marqueur clé de la maladie. Cette approche repose sur un anticorps qui bloque le récepteur CXCR3, lequel joue un rôle dans l'orientation vers le cerveau de cellules immunitaires appelées lymphocytes T.Implication du système immunitaire dans les lésions cérébrales
Des études récentes suggèrent que la réponse immunitaire dirigée contre la protéine tau pourrait contribuer aux lésions neuronales observées dans la maladie d'Alzheimer. Si les traitements existants visent principalement la bêta-amyloïde, les stratégies ciblant la protéine tau sont encore en cours de développement. Toutefois, ces traitements n'arrêtent pas totalement la maladie et n'empêchent pas la perte de cellules cérébrales.Une étude sur la souris montre la préservation du tissu cérébral
Dans le cadre d'une étude menée sur des modèles murins de tauopathie, les scientifiques ont constaté que le blocage du récepteur CXCR3 réduisait le nombre de lymphocytes T pénétrant dans le cerveau. Ce traitement a permis de préserver environ 40 % de tissu cérébral en plus dans les régions liées à la mémoire, par rapport aux souris non traitées. Les souris traitées ont également obtenu de meilleurs résultats aux tests de mémoire.La réponse immunitaire pourrait ne pas nécessiter l'élimination de la protéine tau
Les résultats suggèrent que la réaction du système immunitaire à la protéine tau pourrait contribuer aux lésions cérébrales, même si la protéine tau elle-même n'est pas éliminée. Le traitement par anticorps n'a pas modifié les taux de tau, mais il a tout de même protégé les neurones. Cela pourrait ouvrir une nouvelle piste thérapeutique sans qu'il soit nécessaire d'éliminer la protéine.Les avantages potentiels de la nouvelle stratégie
Selon David M. Holtzman, auteur principal de l'étude, cette approche présente des avantages importants. Le médicament n'a pas besoin de franchir la barrière hémato-encéphalique, un obstacle majeur pour de nombreux traitements. Cela pourrait rendre la thérapie plus pratique et potentiellement plus sûre pour les patients.La nécessité de poursuivre les recherches chez l'humain
Si les résultats sont prometteurs, ils reposent sur des expériences menées sur des souris. Les chercheurs insistent sur la nécessité de poursuivre les études afin de déterminer si cette stratégie est sûre et efficace chez l'humain. La prochaine étape consiste à tester l'approche dans le cadre d'essais cliniques, afin de voir si elle peut être appliquée aux personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.