Microbiote intestinal et santé cérébrale

Le microbiote intestinal désigne l'ensemble des micro-organismes qui vivent dans l'intestin. Il contribue à la digestion et offre une certaine protection au côlon. Des recherches récentes ont suggéré un lien entre ce microbiome et des maladies neurologiques, dont la maladie d'Alzheimer.

Nouvelles découvertes sur la maladie d'Alzheimer

Une étude publiée le 3 septembre 2026 dans Nature Neuroscience apporte de nouvelles pistes de compréhension sur la maladie d'Alzheimer et d'autres maladies neurodégénératives, caractérisées par l'accumulation dans le cerveau de la protéine tau sous forme d'enchevêtrements. Ces enchevêtrements sont liés à une réponse immunitaire, dont le rôle exact reste toutefois mal défini.

La réponse immunitaire commence hors du cerveau

Les travaux, dirigés par David Holtzman et Jason Ulrich, mettent en évidence un circuit immunitaire qui prend naissance en dehors du cerveau. Les lymphocytes T, un type de globules blancs, sont plus nombreux dans le cerveau des personnes atteintes d'Alzheimer, en particulier les lymphocytes T CD8, connus pour attaquer les cellules anormales.

Les ganglions lymphatiques, lieux d'activation

Selon l'étude, les neurones endommagés libèrent des débris qui atteignent les ganglions lymphatiques cervicaux profonds, situés dans le cou. Les cellules dendritiques présentes dans ces ganglions présentent ces fragments aux lymphocytes T CD8, qui gagnent ensuite le cerveau. Le signal exact qui déclenche ce processus reste toutefois inconnu.

Bloquer les cellules dendritiques réduit les lésions cérébrales

Chez des souris génétiquement modifiées incapables de produire certaines cellules dendritiques, les lymphocytes T CD8 étaient moins nombreux et moins actifs dans le cerveau. Cela s'est traduit par une diminution de l'inflammation, de la perte de tissu cérébral et une meilleure fonction cognitive, bien que la quantité d'enchevêtrements de tau soit restée inchangée.

Limites de l'étude et portée

La recherche a été menée sur des souris porteuses d'un modèle génétique particulier, qui reproduit la dégénérescence liée à la protéine tau mais non les plaques amyloïdes présentes dans la maladie d'Alzheimer. Ce modèle se rapproche davantage de certaines tauopathies que de la maladie d'Alzheimer dans son ensemble.

Recherches futures et traitements potentiels

Les chercheurs étudient désormais si le blocage des cellules dendritiques chez des souris adultes offre une protection comparable à celui pratiqué dès la naissance. Ils cherchent également le signal qui guide les lymphocytes T vers le cerveau. Les résultats de l'étude pourraient ouvrir la voie à de nouveaux traitements évitant de franchir la barrière hémato-encéphalique, en utilisant des thérapies existantes et en explorant les nanocorps issus des camélidés pour des interventions ciblant le cerveau.