Un groupe de vétérinaires français s'attaque à la pseudoscience dans leur domaine, promeut des pratiques fondées sur les preuves et remet en question l'usage de remèdes non prouvés.
Une vétérinaire interroge le rôle de l'homéopathie
Jérôme Chantreau, vétérinaire rural dans l'Allier et ancien homéopathe, fait partie du collectif Zétérinaires, créé en 2018 pour interroger le Conseil de l'Ordre des vétérinaires au sujet de l'homéopathie. Le collectif s'est transformé en association qui combat les pseudosciences et promeut, au sein de la profession, une médecine vétérinaire fondée sur les faits.Un nom qui traduit le scepticisme
Le nom Zétérinaires est issu de la fusion de « vétérinaire » et de « zététique », définie comme l'art du doute. Un vétérinaire zététicien s'efforce de pratiquer une médecine dont les effets sont scientifiquement démontrés ou expliqués.Une adhésion limitée
Sur les 300 signataires d'une lettre adressée au Conseil, seuls quarante ont rejoint l'association, car cela demande plus d'efforts que de plaisir. Le groupe dispose d'une page Facebook et d'un site internet où il publie des articles.Des inquiétudes face aux traitements alternatifs
Les médecines complémentaires sont considérées comme dangereuses, car elles entraînent un retard ou un manque de soins, ce qui peut causer des souffrances animales, l'acquisition de mauvais réflexes de soins, et des risques d'accidents ou de toxicité pour l'animal, l'humain ou l'environnement. Se pose également un problème éthique, les vétérinaires ayant une obligation morale envers leurs patients, la société et l'État qui investit dans leur formation.Des exigences scientifiques pour les remèdes
Le groupe affirme que les remèdes doivent reposer sur des données scientifiques, démontrer leur efficacité et présenter un rapport bénéfice/risque favorable. Il s'interroge sur les raisons pour lesquelles on accepterait un produit ou une pratique sans preuve d'efficacité ni mécanisme d'action plausible, estimant que cela pourrait conduire à des dérives sectaires.L'effet placebo chez les animaux
Certains éleveurs témoignent de la guérison de leurs animaux grâce à des pratiques alternatives, ce qui peut s'expliquer par l'évolution naturelle de la maladie, l'effet placebo ou d'autres effets contextuels. L'effet placebo existe chez les animaux : l'animal peut se sentir mieux s'il est mieux soigné, et, en retour, le soignant peut percevoir une amélioration.Les considérations éthiques autour des placebos
Le groupe s'interroge sur l'acceptabilité de mentir aux clients quant à l'utilisation de placebos, estimant qu'il est nécessaire d'expliquer que les placebos peuvent réduire la douleur de l'animal et, éventuellement, certains symptômes. Il relève que l'effet placebo fonctionne même lorsqu'il est expliqué.Qualité des consultations et pseudomédecine
La qualité des consultations peut aussi expliquer l'attrait des thérapies complémentaires, car les pseudomédecines conduisent souvent à des consultations plus longues, donnant aux clients l'impression d'un suivi plus attentif. Toutefois, ce n'est pas toujours exact, car certaines visites concernent des soins rapides. Les vétérinaires affirment traiter les pathologies détectées lors de l'examen clinique, en observant de manière complète l'animal et son environnement, mais ils n'ont pas toujours le temps d'expliquer tout ce qu'ils font.