Un vétérinaire pratique l'homéopathie au quotidien

Le Dr Loïc Guiouillier, vétérinaire rural en Mayenne et président de la commission des médecines complémentaires et thérapeutiques du SNGTV, intègre l'homéopathie à sa pratique. Il évoque également avec ses confrères la réglementation et l'usage quotidien des thérapies complémentaires.

La commission s'attache à réduire le recours aux antibiotiques

Créée en 2010, la commission vise à réduire l'usage des antibiotiques dans les soins vétérinaires. Elle couvre cinq thérapies complémentaires : l'homéopathie, l'aromathérapie, la phytothérapie, l'ostéopathie et l'acupuncture. Le groupe forme les vétérinaires et évalue l'efficacité de ces thérapies à travers des expérimentations et des observations sur le terrain.

Des thérapies complémentaires classées comme énergétiques

La médecine allopathique, qui repose sur des médicaments conventionnels, est considérée comme organique, tandis que l'ostéopathie, l'acupuncture et l'homéopathie sont classées comme énergétiques. Elles sont perçues comme des outils complémentaires dans la pratique vétérinaire. Si l'allopathie est efficace, elle ne constitue pas une solution à tous les problèmes de santé, d'autant que l'inquiétude grandit face à la résistance aux antibiotiques.

Les vétérinaires encadrent le recours aux thérapies

Ces pratiques complémentaires nécessitent l'encadrement d'un vétérinaire pour le diagnostic et l'évaluation. Pour les problèmes mineurs, une automédication supervisée peut être envisageable, mais si aucune amélioration n'apparaît dans les 24 heures, il faut consulter un vétérinaire. Les vétérinaires assument une responsabilité professionnelle dans le choix d'une thérapie, bien que son efficacité reste débattue.

Associer les thérapies avec prudence

Les médecines complémentaires peuvent être utilisées en complément des traitements conventionnels, mais leur efficacité ne peut pas être confirmée avec certitude. La prudence s'impose face aux vendeurs de remèdes à base de plantes qui avancent des allégations thérapeutiques non vérifiées. Les remèdes à base de plantes servent avant tout à soigner, et non à prévenir, et l'immunité se renforce grâce aux vaccins et à une alimentation adaptée.

La réglementation varie selon le type de thérapie

La réglementation des médecines complémentaires repose sur les risques associés aux médicaments conventionnels, qui font l'objet de procédures d'autorisation strictes. L'ostéopathie et l'acupuncture, qui n'utilisent pas de médicaments, sont considérées comme sans risque. Pour l'homéopathie, la réglementation précise qu'au-delà d'un certain niveau de dilution, il n'existe aucun risque de résidus, de sorte qu'aucun délai d'attente n'est nécessaire après le traitement. Toutefois, la définition d'un animal en bonne santé reste floue, notamment en ce qui concerne le lait des animaux présentant de légers problèmes de santé.

L'évaluation scientifique accuse un retard

Les remèdes homéopathiques sont disponibles sans ordonnance, mais doivent reposer sur un diagnostic fiable et démontrer une efficacité rapide. Les remèdes à base de plantes relèvent d'une réglementation plus complexe, les critères scientifiques permettant d'évaluer leur efficacité et leur innocuité étant encore en cours d'élaboration. L'administration française examine actuellement la question, avec une décision attendue d'ici 2027.