Le teff, une option prometteuse pour le fourrage d'été

Le teff, une culture fourragère d'été, s'est montré prometteur tant pour le pâturage que pour la fauche. Les essais menés à la ferme expérimentale de Bordes ont mis en évidence ses bonnes valeurs nutritionnelles et ses performances de croissance, en particulier pour les génisses, c'est-à-dire les jeunes bovins élevés pour la production de viande ou de lait.

Rendements et comparaisons avec d'autres cultures

Sur deux années d'essais, le teff a produit environ 7 tonnes de matière sèche par hectare en deux coupes. Ce rendement est inférieur à celui du sorgho, qui atteint 10 tonnes par hectare, mais le teff reste une culture fourragère d'été aux rendements prometteurs. Sa facilité d'utilisation et son appétence, sous forme de foin ou d'enrubannage, le rendent attrayant pour les agriculteurs.

Valeur nutritive et caractéristiques de croissance

Le teff présente une valeur nutritive comprise entre 0,8 et 0,9 UFL, une mesure de l'énergie du fourrage. Sa teneur en protéines brutes peut atteindre jusqu'à 20 % au stade épi de 10 cm, et 15 % à l'épiaison, c'est-à-dire le stade où la plante commence à produire des fleurs. Il s'agit donc d'un aliment précieux pour le bétail.

Difficultés de séchage au champ et de repousse

Le séchage du teff au champ demande des précautions particulières, car l'équipe d'essais a rencontré des problèmes inattendus au cours de ses expérimentations. Antoine Buteau, ingénieur fourrages régional, conseille d'attendre quelques heures, voire le lendemain, avant de manipuler les balles de foin afin de permettre un séchage correct. Malgré cela, le teff présente une forte capacité de repousse, gagnant 3 à 4 cm en trois jours après la coupe.

Performances au pâturage et vitesses de croissance

Lors d'un essai de pâturage avec des génisses âgées de 18 mois, le teff a été bien consommé, environ 90 % de la biomasse ayant été utilisée. La croissance des génisses au teff a atteint 500 g par jour en 2023 et 590 g par jour en 2024, un niveau nettement supérieur à la croissance moyenne sur prairie à la même période de l'année.

Cycle de croissance et évolution de l'appétence

Le teff a un cycle de croissance d'environ trente jours entre la coupe et l'épiaison, ce qui impose une récolte rapide. Après l'épiaison, l'herbe devient moins appétente pour les bovins et n'est plus recherchée par les ovins, ce qui limite son utilisation comme fourrage.

Contraintes liées au sol et au semis

Le teff a un système racinaire superficiel, ce qui le rend sensible à l'arrachage par les animaux. Toutefois, les plants arrachés peuvent encore reprendre racine. Il ne prospère pas dans les sols argileux et préfère les sols légers et sableux. Le semis du teff est délicat en raison de ses graines extrêmement petites, plus fines que du sable, qui exigent des techniques de semis précises et des conditions de sol particulières.

Considérations économiques

Dans le cadre du projet de recherche Esti'VAL, le coût d'implantation du teff a été estimé à 379 euros par hectare, intrants et main-d'œuvre compris. Le projet a établi qu'il était économiquement viable de récolter le teff lorsque les rendements atteignent 6,5 à 7 tonnes de matière sèche par hectare. En dessous de ce seuil, les coûts de récolte, de stockage et de redistribution du fourrage deviennent trop élevés, et le pâturage constitue alors une option plus pratique.