Faible part des légumineuses en France

La France compte une faible part de cultures protéagineuses, comme les pois et les lentilles, en raison de récoltes qui ne sont pas toujours rentables. Ces légumineuses peuvent toutefois réduire le besoin en engrais azotés si leur rôle dans la santé des sols est correctement pris en compte.

Utilisation des légumineuses dans l’agriculture européenne

Moins de 5 % des surfaces cultivées à grande échelle en France sont consacrées aux légumineuses, contre 15 à 20 % sur d’autres continents. Cette proportion est une exception en Europe, selon Anne Schneider, spécialiste des légumineuses à grains chez Terres Inovia. Elle rend l’agriculture française plus dépendante des engrais minéraux azotés.

Fixation de l’azote par les légumineuses

Les légumineuses peuvent fixer l’azote de l’air, dans des proportions qui varient selon l’espèce. Par exemple, la vesce et le lupin peuvent couvrir jusqu’à 90 % de leurs besoins en azote, tandis que les pois et les lentilles en fixent entre 55 et 75 %. Cependant, les légumineuses ont tendance à puiser l’azote du sol lorsqu’il est disponible, même si cela varie selon l’espèce.

Restitution d’azote après les légumineuses

La quantité d’azote laissée dans le sol par les légumineuses ne se détermine pas facilement à partir du seul taux de fixation. La vesce est considérée comme la meilleure culture protéagineuse pour la restitution d’azote, suivie du pois. Le soja est moins efficace, car il exporte beaucoup d’azote dans son grain et possède un système racinaire moins développé.

Réduire l’usage des engrais

Des études indiquent qu’après une culture de légumineuses, la fertilisation azotée peut être réduite jusqu’à 60 unités pour une céréale comme le blé, selon les conditions locales. Cette estimation repose sur des données montrant une hausse moyenne de rendement de 7,5 quintaux par hectare après un pois.

Effet des légumineuses sur le colza

Le colza consomme l’azote tôt dans la saison, dès l’automne. Après une légumineuse, la dose d’azote peut être réduite jusqu’à 50 unités tout en maintenant le rendement. Selon Anne Schneider, cette pratique présente moins de risques que la réduction de l’azote après une céréale.

Le rôle du soja dans la gestion de l’azote

Récolté plus tard que les autres légumineuses, le soja profite davantage aux cultures d’été comme le maïs. Il peut réduire l’apport d’azote de 30 à 40 unités tout en augmentant le rendement du maïs de 10 %, grâce à une meilleure adéquation entre la disponibilité de l’azote et les besoins de la culture.

Biomasse et captation de l’azote

La quantité d’azote restituée au sol par une légumineuse dépend de sa biomasse au moment de la récolte. Pour capter efficacement l’azote, il est important de recourir à des cultures intermédiaires ou à des mélanges d’espèces, notamment des crucifères, qui sont performantes pour cette captation.

Conditions optimales de culture des légumineuses

Pour assurer une bonne restitution d’azote, les légumineuses ont besoin de conditions adéquates de sol et de semis, notamment un sol bien préparé et non compacté, ainsi que des niveaux de phosphore et de pH appropriés. Cela favorise le développement d’un système racinaire vigoureux et de nodosités, qui permettent la fixation de l’azote.