Des élèves de Seine-Saint-Denis manifestent contre leurs conditions : écoles sous-financées, personnel insuffisant et bâtiments délabrés, malgré des dépenses par élève plus élevées.
Les manifestations d'élèves mettent en lumière les défis de l'éducation
Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, a indiqué que la Seine-Saint-Denis dépense 13 % de plus par élève que la moyenne nationale et que les classes de lycée général et technologique comptent en moyenne deux élèves de moins. Toutefois, le mouvement étudiant a débuté au lycée Saint-Exupéry à Créteil et s'est étendu à d'autres établissements de l'académie de Créteil, dont le lycée Paul-Éluard à Saint-Denis. Les élèves de ces établissements dénoncent des problèmes similaires : postes d'enseignants non pourvus, professeurs absents non remplacés et bâtiments scolaires dégradés.Des effectifs en hausse malgré le recul national
Entre 2019 et 2025, les lycées généraux et technologiques de la Seine-Saint-Denis ont accueilli 3 356 élèves de plus, soit une hausse de 8,2 %, alors que la tendance nationale est à la baisse. Le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne ont également connu des hausses, mais plus modestes. La plupart des nouveaux élèves ont été absorbés par les établissements existants, seuls trois nouveaux lycées ayant ouvert en six ans. Le nombre d'élèves entrant en classe de seconde a augmenté de 5,6 % en 2025, et l'académie de Créteil devrait continuer à gagner des élèves dans le second degré jusqu'en 2027.Les établissements publics supportent l'essentiel de la croissance
Les lycées publics de la Seine-Saint-Denis ont absorbé 2 895 des 3 356 élèves supplémentaires. Les établissements privés sous contrat, qui scolarisent 14,5 % des élèves de lycée général et technologique du département, attirent des élèves issus de milieux plus favorisés. L'indice médian de position sociale des établissements privés est de 122, contre 88 dans les établissements publics. À l'inverse, 59 % des lycées publics de la Seine-Saint-Denis sont classés parmi les établissements les plus défavorisés socialement, contre 8 % au niveau national.Des taux élevés de difficulté scolaire et de pauvreté
En Seine-Saint-Denis, 40 % des élèves entrant en seconde éprouvent des difficultés en français, et près de la moitié peinent en mathématiques. Le département affiche le taux de pauvreté le plus élevé de la France métropolitaine et compte près de deux fois plus d'élèves boursiers que la plupart des autres départements. Pourtant, les adultes chargés de les accompagner sont moins nombreux : la région dispose de moins de CPE, d'assistants d'éducation, d'infirmiers et de psychologues que la plupart des départements français.Volume horaire et pénurie de personnels
Les lycées publics de la Seine-Saint-Denis reçoivent 2 à 3 % d'heures d'enseignement de moins que la moyenne nationale pour des établissements de taille et de profil social comparables. L'académie de Créteil, qui comprend la Seine-Saint-Denis, compte la plus forte proportion de jeunes enseignants et le plus grand nombre de départs d'enseignants. En 2022-2023, seules 92,8 % des absences longues ont été remplacées, l'un des taux les plus bas de France. En Seine-Saint-Denis, 12,9 % des enseignants de lycée sont sur des postes contractuels, soit deux fois le taux de la plupart des départements.Des infrastructures scolaires sous-financées
Les lycées publics d'Île-de-France, y compris ceux de la Seine-Saint-Denis, bénéficient de moins de financements pour leurs infrastructures que la moyenne nationale. Entre 2021 et 2023, la région a consacré en moyenne 2 380 euros par élève et par an à l'entretien des établissements scolaires, contre 3 220 euros pour la région médiane. Ce sous-financement affecte l'état des bâtiments et des équipements scolaires.Résultats scolaires et contexte social
Le taux de réussite au baccalauréat dans les lycées publics de la Seine-Saint-Denis est de 87,8 %, inférieur à la moyenne nationale de 95,3 %. Toutefois, en tenant compte du profil social des élèves, ces établissements obtiennent de meilleurs résultats que prévu. Selon les indicateurs de valeur ajoutée de la DEPP, le taux d'accès de la seconde au baccalauréat est supérieur de 5,5 points à la prévision, contre -0,3 point pour l'ensemble des lycées publics.