Steve Witkoff et Jared Kushner se sont rendus séparément à Moscou et à Kyiv les 5 et 6 septembre, respectivement, et semblent s’être concentrés sur des négociations en vue d’un cessez-le-feu énergétique. Leurs efforts visent à renforcer les perspectives politiques du trumpisme à l’approche des prochaines élections législatives américaines, dites Midterms, prévues le 3 novembre 2026. Pendant ce temps, la guerre en Ukraine s’intensifie, les bombardements s’accroissent et les répercussions du conflit s’étendent à d’autres régions d’Europe. Le terme autrefois rassurant de « guerre hybride » semble désormais insuffisant pour décrire la situation actuelle, d’autant que la stratégie périphérique de la Russie au Moyen-Orient menace la sécurité et l’indépendance énergétique de l’Europe. Le concept de « guerre hybride » s’est imposé après l’annexion de la Crimée par la Russie et le déclenchement du conflit dans le Donbass en 2014. Il désigne un type de guerre associant actions militaires, déstabilisation, désinformation et opérations clandestines, souvent en recourant à des forces proxys et en évitant l’affrontement direct susceptible de provoquer une réaction internationale forte. Cette approche permet de réaliser des gains stratégiques sans basculer dans un conflit ouvert. Cependant, l’escalade récente en Ukraine a transformé le conflit en une guerre plus conventionnelle, avec des opérations militaires de haute intensité qui mettent au défi l’OTAN et ses États membres. Les actions militaires russes se sont étendues au-delà de l’Ukraine, avec des menaces accrues sur l’espace aérien européen, les infrastructures énergétiques et les infrastructures critiques du continent. Ces opérations s’inscrivent dans une stratégie plus large incluant le Moyen-Orient, où la Russie cherche à exploiter les tensions géopolitiques pour affaiblir la position stratégique de l’Europe. Le conflit suscite des inquiétudes quant à la stabilité du continent européen, alors que les alliances occidentales traditionnelles peinent à répondre efficacement à l’agressivité russe. La situation est encore compliquée par les dynamiques politiques aux États-Unis, où l’influence potentielle du trumpisme pourrait modifier le niveau de soutien apporté aux alliés européens. Cette incertitude a conduit à un manque de réactions fermes de la part des gouvernements européens, malgré la menace croissante que représente la Russie. La nécessité d’une approche plus unie et déterminée pour contrer l’agressivité russe est évidente, tant en Europe qu’au Moyen-Orient, où la sécurité des routes maritimes stratégiques reste une préoccupation majeure.