Les moules zébres, originaires initialement de la mer Noire et de la mer Caspienne, ont été introduits accidentellement en Amérique du Nord dans les années 1980. Ils se sont propagés jusqu'aux Grands Lacs en 1988, probablement via l'eau de ballast rejetée par de grands navires naviguant à travers les océans. Un biologiste nommé Jim Carlton avait prédit ce mode d'introduction dans une étude de 1985. Bien que des préoccupations aient été soulevées concernant le risque des espèces invasives, il a fallu jusqu'en 1990 pour que les États-Unis commencent à réglementer l'eau de ballast. Cependant, les navires qui affirmaient ne pas avoir d'eau de ballast pouvable n'étaient pas tenus de vider leurs réservoirs, permettant ainsi aux moules zébres et à d'autres organismes de continuer à se propager. Ce n'est qu'en 2006 que les États-Unis et le Canada ont exigé que les navires rincer leurs réservoirs d'eau de ballast, après des recherches approfondies ayant montré la gravité du problème.
Les moules zébres ont profondément modifié les Grands Lacs en augmentant la transparence de l'eau. Dans le lac Érié, la transparence de l'eau a augmenté de 15 centimètres à jusqu'à 9 mètres dans certaines zones, et dans certaines parties du lac Michigan, la transparence s'est doublée. Ce changement est dû à la capacité des moules à filtrer jusqu'à un litre d'eau par jour, éliminant presque toutes les planctons microscopiques. En conséquence, les niveaux de phytoplancton ont chuté d'environ 90 %, perturbant la chaîne alimentaire. Les espèces indigènes qui dépendent du plancton, comme les larves de poissons et les animaux herbivores, ont été affectés, ce qui a également eu un impact sur les pêcheries commerciales dépendant de ces espèces.
L'augmentation de la transparence de l'eau a également permis à plus de lumière de parvenir au fond des lacs, favorisant la croissance d'algues filamenteuses comme la Cladophora. Ce type d'algue consomme de l'oxygène et peut abriter des bactéries qui provoquent le botulisme chez les oiseaux qui mangent du poisson. De plus, les moules zébres ont bouché les conduites d'admission des usines de traitement de l'eau, des centrales électriques, des hydrants de pompiers et même des réacteurs nucléaires, entraînant des réparations coûteuses. L'impact économique est considérable, avec des coûts annuels estimés aux États-Unis atteignant environ un milliard de dollars. Certains experts prédisent que les coûts pourraient atteindre entre deux et cinq milliards de dollars sur une période de dix ans. Au Canada, une entreprise d'énergie de l'Ontario a dépensé jusqu'à dix millions de dollars en chlore pour empêcher les moules de s'accumuler près des conduites d'admission.
Bien que des traitements chimiques comme le chlore soient encore utilisés, ils deviennent de plus en plus restreints en raison des préoccupations environnementales. D'autres méthodes, telles que des modifications de l'infrastructure inspirées des pratiques européennes, des systèmes de filtration, de la lumière ultraviolette, des revêtements anti-adhésifs et un nettoyage mécanique, sont également employés. Malgré ces efforts, les moules zébres n'ont pas été éradiqués et restent désormais un élément permanent de l'écosystème des Grands Lacs. Leur propagation a atteint 32 États américains, et une espèce étroitement liée, la moule quagga, a été trouvée dans 19 États supplémentaires. Un cousin asiatique, la moule dorée, a récemment été repéré en Californie à la fin de 2024. En réponse, l'agence fédérale américaine chargée des grands barrages a lancé un concours d'innovation doté d'un prix de 200 000 dollars pour développer de nouvelles manières de lutter contre ces espèces envahissantes.
Les mollusques zébres transforment l'écosystème et l'infrastructure des Grands Lacs
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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