Un remblai rocheux construit entre 1957 et 1959 a divisé le Grand Lac Salé, dans l’Utah, en deux bassins aux propriétés chimiques très différentes. La partie nord du lac, qui ne reçoit plus d’eau douce, affiche une salinité de 26 à 30 % et prend une teinte rose en raison de la présence d’archées halophiles — des micro-organismes qui prospèrent dans des milieux extrêmement salés. À l’inverse, la partie sud, alimentée par trois rivières — la Bear, la Weber et la Jordan —, présente une salinité bien plus faible, entre 12 et 15 %, et conserve une couleur verte grâce à son abondante végétation algale. Ce remblai, initialement une structure en bois construite par la Southern Pacific Railroad au début des années 1900 avant d’être remplacée par de la roche, sépare physiquement le lac en deux écosystèmes distincts. L’Union Pacific Railroad désigne toujours cette structure comme une « digue de 20 miles qui divise le Grand Lac Salé en deux ».
Toutes les rivières qui se jettent dans le Grand Lac Salé alimentent sa partie sud, laquelle abrite une grande variété d’organismes, dont des crevettes saumâtres, des mouches et des millions d’oiseaux migrateurs, dans un milieu où la salinité est plus équilibrée. La partie nord, privée d’eau douce, a évolué vers un environnement unique. Connue sous le nom de baie Gunnison, cette étendue d’eau est un laboratoire à ciel ouvert visible depuis l’espace, où des conditions hypersalines favorisent une vie microbienne distincte qui donne parfois à l’eau une teinte rosée. Selon le Utah Division of Wildlife Resources, la salinité de la partie sud oscille entre 12 et 15 %, tandis que celle de la partie nord varie de 26 à 30 %. Des mesures réalisées en 2023 ont révélé que la salinité du nord approchait les 30 %, soit près du double de celle du sud, laquelle fluctuait entre 7 et 15 %.
La couleur rose de la partie nord est principalement due aux archées halophiles, tandis que la partie sud reste verte en raison de sa richesse en algues. Deux organismes bien connus font partie des halophiles, c’est-à-dire des espèces nécessitant des concentrations élevées de sel pour survivre. Depuis la Station spatiale internationale, ces deux bassins apparaissent comme un motif en damier inhabituel au milieu du désert de l’Utah. Les images capturées par les astronautes et partagées par la NASA montrent clairement, depuis l’espace, les communautés microbiennes distinctes des deux parties. Aucun autre plan d’eau américain ne présente un contraste visuel aussi frappant depuis les airs.
Le déséquilibre causé par le remblai a fini par inquiéter les gestionnaires du lac. La première réponse est intervenue en 1984, lorsque l’État de l’Utah a construit un pont de 90 mètres à l’extrémité ouest du remblai, puis a percé la chaussée le 1er août 1984 pour permettre à l’eau de la partie sud de s’écouler vers la partie nord. Il s’agissait d’une mesure temporaire face à un problème de longue haleine. En 2016, le U.S. Army Corps of Engineers a approuvé la création d’un second passage, large de 180 pieds, dans le remblai. Cette nouvelle ouverture, achevée en décembre 2016, visait à réguler les échanges d’eau entre les deux parties et à contrôler la salinité, en particulier dans le sud.
Cette solution temporaire n’a pas suffi. Durant l’été 2022, alors qu’une méga-sécheresse frappait le sud-ouest des États-Unis et réduisait les apports en eau douce, une digue de 1,2 mètre de haut a été érigée dans l’ouverture créée en 2016 sous le pont, afin de ralentir l’écoulement de l’eau salée de la partie nord vers la partie sud, dont l’écosystème commençait à en pâtir. Même avec cet orifice contrôlé, le transfert de sel s’est poursuivi de manière imprévue. Le sel issu des bassins d’évaporation de la société Compass Minerals a ramené une quantité significative de sel de la partie nord vers la partie sud. Plus de six décennies après la construction du remblai ferroviaire, celui-ci continue de façonner la dynamique chimique de l’ensemble de l’écosystème.
Un remblai ferroviaire divise le Grand Lac Salé en deux bassins chimiquement distincts
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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