Le marché automobile chinois connaît un net ralentissement, avec des ventes de voitures particulières en baisse de 22 % par rapport à la même période de l’année précédente, selon l’Association chinoise des constructeurs automobiles (CPCA). Cette chute s’explique notamment par la fin des subventions à l’achat de véhicules électriques fin 2025, qui a réduit la demande des consommateurs. Le secteur reste par ailleurs très concurrentiel, avec au moins 129 constructeurs se disputant des parts de marché. BYD, acteur majeur du véhicule électrique, a repris en 2026 la première place mondiale des ventes de voitures 100 % électriques au deuxième trimestre, après l’avoir perdue au premier. Toutefois, l’entreprise n’est pas épargnée par les difficultés du marché intérieur : ses immatriculations en Chine ont reculé de 45,9 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025. Malgré ces défis sur son marché national, BYD enregistre une forte croissance à l’international. Selon les chiffres publiés par l’entreprise le 1er octobre 2026 et analysés par Reuters, ses ventes de voitures et de pick-ups hors de Chine ont bondi de 153,9 % en glissement annuel en septembre 2026, atteignant 179 877 unités. Ce chiffre inclut une gamme de véhicules utilitaires. Sur les neuf premiers mois de 2026, 42,7 % des ventes de voitures électriques et hybrides rechargeables de BYD ont été réalisées à l’étranger, soit un total de 1 337 831 véhicules. Cette progression est significative : la part des exportations a plus que doublé par rapport à l’année précédente. En septembre 2026, les ventes hors de Chine représentaient 39 % du total de BYD, contre 18 % en septembre 2025. Sur neuf mois, l’entreprise a déjà exporté plus de véhicules que sur l’ensemble de l’année 2025 (1,05 million). Les ventes totales de BYD sur neuf mois restent cependant inférieures de 4 % à celles de la même période en 2025, comme le rapporte Bloomberg. Concernant les exportations, BYD visait initialement environ 1,5 million de véhicules électriques et hybrides rechargeables en 2026, mais cet objectif a été revu à la hausse, entre 1,9 et 2 millions, après les résultats semestriels. Avec 1,34 million de véhicules exportés fin septembre, il reste à l’entreprise à écouler entre 560 000 et 660 000 unités hors de Chine d’ici décembre, soit environ 190 000 à 220 000 par mois, au niveau de son record d’août (189 466 véhicules exportés) ou au-delà. Les ventes mondiales de BYD ont progressé de 17 % en glissement annuel en septembre, pour atteindre 463 561 unités, un rythme légèrement inférieur à l’augmentation de 17,8 % enregistrée en août. Avec 3,13 millions de ventes sur neuf mois, BYD reste loin de son objectif annuel de 5 à 5,5 millions de véhicules. En Chine, ses immatriculations ont encore reculé de 13 % en glissement annuel en septembre, s’élevant à 282 861 véhicules. Sur son marché national, le constructeur chinois doit aussi faire face à la concurrence de Geely, qui a présenté le 23 septembre une station de recharge d’une puissance maximale de 2,25 MW, dépassant les 1,5 MW de la technologie Flash Charging de BYD (le Lynk & Co 10 testé atteint un maximum de 1 093 kW). BYD génère désormais 53 % de son chiffre d’affaires à l’international, une première pour l’entreprise. Elle se concentre particulièrement sur l’Europe, où elle produira ses véhicules : son usine hongroise, première du groupe en Europe pour les voitures particulières, devrait commencer son activité d’assemblage en novembre ou décembre. Cela lui permettra aussi d’éviter les droits de douane actuels. Dans l’intervalle, l’entreprise mise également sur ses modèles hybrides rechargeables, bien que ces derniers polluent jusqu’à cinq fois plus en usage réel que ce qui est annoncé.