MedFrance s'oppose aux modifications fiscales visant les médicaments peu coûteux

MedFrance, syndicat qui représente les entreprises pharmaceutiques en France, conteste les modifications fiscales proposées qui augmenteraient les coûts pour les fabricants de médicaments anciens et peu coûteux. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (PLFSS) vise à économiser environ 3 milliards d'euros en ajustant la manière dont les médicaments sont taxés, mais MedFrance soutient que le fardeau pèse de manière disproportionnée sur les traitements anciens essentiels.

Pénuries liées aux médicaments peu coûteux

Les données de 2025 montrent que plus de 90 % des pénuries de médicaments concernaient des médicaments dont le prix était inférieur à 10 euros. Entre 2022 et 2025, le nombre de produits arrêtés a été multiplié par plus de cinq, passant de 56 à 297. Bien qu'aucun lien de cause à effet direct ne soit établi, ces tendances soulèvent des inquiétudes quant à la viabilité économique des médicaments peu coûteux.

Le fardeau fiscal se déplace vers les traitements anciens

MedFrance souligne que la hausse des dépenses pharmaceutiques est principalement tirée par les traitements coûteux. Pendant ce temps, les médicaments essentiels à bas prix font face à une pression financière croissante. Le syndicat avertit que ce déséquilibre pourrait menacer la disponibilité de traitements dont de nombreux Français dépendent au quotidien.

Appel à une révision du calcul de la taxe

Le syndicat demande de revoir la méthode de calcul de la contribution additionnelle, une taxe sur les ventes de produits pharmaceutiques instaurée en 2026. MedFrance estime que la taxe devrait être assise sur les ventes effectivement remboursées par l'Assurance maladie, et non sur l'ensemble des ventes de médicaments remboursables. Cela allégerait la charge pesant sur les fabricants de médicaments essentiels.

Modifications proposées concernant l'évaluation des médicaments

MedFrance cherche également à modifier l'article 30 du PLFSS afin d'associer davantage les fabricants aux processus de réévaluation des médicaments. Le syndicat s'inquiète que les politiques actuelles puissent limiter les options thérapeutiques, augmenter les coûts pour les patients et favoriser des traitements plus onéreux au détriment de solutions existantes et abordables.

Pression législative pour un allègement fiscal

Un amendement proposé par le député Michel Lauzzana en 2026 suggérait une réduction de 30 % de la contribution additionnelle pour certains médicaments, en fonction de critères tels que leur caractère essentiel et leur lieu de production. Toutefois, le PLFSS 2027 a rejeté cette disposition, ce qui conduit MedFrance à demander au Sénat de la rétablir.

Souveraineté sanitaire et accords tarifaires

Un accord-cadre conclu en 2026 entre le Comité économique des produits de santé (CEPS) et l'industrie pharmaceutique visait à soutenir la production française et européenne dans les décisions de fixation des prix. MedFrance, signataire de cet accord, souhaite désormais que ces principes soient reflétés dans les politiques fiscales. Contrairement à l'accord, l'amendement au PLFSS n'offre qu'un allègement fiscal limité, ce qui conduit à réclamer des réformes plus globales.