Proposition de taxe visant les réseaux de pharmacies

L'article 10 du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 instaure une taxe de 15 % sur certains versements effectués par les laboratoires aux groupements de pharmacies, pouvant rapporter 120 millions d'euros par an. Cette taxe s'appliquerait aux rémunérations liées aux services que ces groupements fournissent aux pharmacies.

Coûts potentiels pour les pharmacies

Selon les estimations, cette taxe pourrait coûter environ 6 000 euros par an à chaque pharmacie, mais ces chiffres ne sont pas vérifiés et dépendent de la structure économique des groupements. L'impact sur les pharmacies pourrait varier fortement selon leur taille et les arrangements financiers au sein de leurs réseaux.

Inquiétudes du secteur sur les options de réponse

Emmanuel Schoffler, président d'Aprium Pharmacie (groupe Healthy), met en garde : les groupements de pharmacies pourraient disposer de peu de moyens pour réagir à la taxe. Les options pourraient inclure la réduction des services, la hausse des cotisations des adhérents ou la baisse des avantages financiers, autant de mesures susceptibles d'affecter négativement le fonctionnement des pharmacies.

Incertitude sur la répartition des recettes

Julien Chauvin, président de la commission d'études et de stratégie économique de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), fait remarquer que des cotisations plus élevées pourraient être acceptables si elles conduisent à une meilleure rémunération des pharmacies. Toutefois, le mécanisme proposé ne garantit pas que les 120 millions d'euros collectés seraient redistribués aux pharmacies.

Nécessité d'une justification plus claire des services

La réforme pourrait obliger les réseaux de pharmacies à fournir une justification plus détaillée de la valeur de leurs services. Il s'agirait notamment d'expliquer le coût du soutien commercial et la manière dont la rémunération industrielle est répartie entre les services et les cotisations des adhérents. Une enquête de PharmedInsight révèle que 92 % des pharmaciens interrogés considèrent leur groupement comme un atout économique, sans que cela confirme pour autant une rentabilité réelle.

La transparence, piste de solution possible

Au titre de l'article 10, les pharmacies affiliées pourraient recevoir un rapport annuel détaillant les services fournis et la rémunération perçue par le groupement. Pierre-Olivier Variot, président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO), estime que cette transparence pourrait permettre de distinguer les groupements qui redistribuent les fonds de ceux qui ne le font pas.

Impact sur les petites pharmacies

Les petites pharmacies pourraient être plus vulnérables à ces changements, car l'adhésion à un groupement leur donne accès à des outils commerciaux et à des conditions difficiles à obtenir individuellement. Une hausse des cotisations ou une réduction des services pourrait peser davantage sur leur stabilité financière.

Risque de concentration du secteur

Les groupements financièrement solides pourraient mieux absorber la taxe, tandis que les plus petits pourraient être contraints d'ajuster leurs prix ou leurs services. Cela pourrait accentuer la concentration du secteur, même si l'ampleur de ce phénomène reste à voir.