Un élève de 12 ans est suspecté d’avoir agressé sexuellement une enseignante au collège La Durantière, à Nantes (Loire-Atlantique), le 22 juin. Selon le parquet de Nantes, rapporté par l’Agence Radio France, l’élève se trouvait seul avec son professeur, assise, lorsqu’il lui a proposé de lui faire un massage, ce qu’elle a refusé. L’élève aurait ensuite posé ses mains sur les seins de l’enseignante par-derrière, l’enlacer en lui serrant le cou et lui plaquer la tête contre le bureau, toujours selon le parquet. La victime a crié, et l’élève a arrêté son geste. ICI Loire Océan indique que la professeure a bénéficié de 10 jours d’interruption temporaire de travail. Après l’agression, elle a demandé un entretien avec le ministère. N’ayant reçu aucune réponse deux mois plus tard, elle a choisi de rendre l’affaire publique. L’élève, né en janvier 2014, avait moins de 13 ans au moment des faits et a été immédiatement entendu sous le régime de la retenue, la détention n’étant pas possible à cet âge. Le parquet a indiqué que les faits sont établis dans leur matérialité, tout en qualifiant le jeune de « extrêmement fragile ». Le code de justice pénale des mineurs présume en effet l’absence de discernement pour les mineurs de moins de 13 ans. Une évaluation pédopsychiatrique est en cours pour déterminer si l’élève avait la capacité de discernement au moment des faits. Selon le parquet, si l’expertise conclut à une responsabilité pénale, des poursuites pourront être engagées. Dans le cas contraire, une mesure d’assistance éducative pourrait être ordonnée, avec saisine du juge des enfants. L’enquête se poursuit en attendant les conclusions de l’expert. Parallèlement, les enseignants du collège menacent de se mettre en grève si l’établissement, qui compte 350 élèves et se situe dans un quartier sensible, ne reçoit pas de moyens supplémentaires. Depuis 2019, ils réclament que le collège soit classé en REP+ (Réseau d’éducation prioritaire renforcé). Après l’agression sexuelle de leur collègue, ils ont réitéré leur demande dans une lettre adressée au ministère de l’Éducation nationale début juillet. À ce jour, ils n’ont reçu aucune réponse. Les personnels du collège donnent donc une semaine au ministère pour classer l’établissement en REP+, faute de quoi ils se mettront en grève mardi 8 août. Cette situation illustre la complexité des enjeux juridiques, éducatifs et sociaux auxquels est confronté l’établissement et son équipe. Les inquiétudes des enseignants quant à l’allocation des ressources et au besoin de soutien dans un environnement difficile ont été exacerbées par l’incident récent. Le ministère n’a pas encore répondu à leurs dernières demandes, laissant les personnels du collège dans une position tendue alors qu’ils se préparent à une éventuelle action.