Parcours de l'autrice et portée du roman

Catherine Bakounine, une Russe qui a fui la révolution russe et s'est installée à Paris, a écrit Le Corps de Catherine Bakounine en 1933. Le roman suscite récemment l'attention pour son style narratif singulier et pour des thèmes qui continuent de trouver écho auprès des lecteurs d'aujourd'hui.

Style narratif et thèmes

Le roman est décrit comme un récit « explosif » qui sonde les tourments intérieurs de sa protagoniste, Elena. Elle revient sur sa vie passée à Saint-Pétersbourg, marquée par la famine et les privations, alors qu'elle vit désormais à Paris avec son mari et sa fille.

Images et langue

Les pensées d'Elena sont peuplées d'images vives et surréalistes, comme ces doigts qui se transforment en oiseaux courant sur un piano qui n'existe plus. Le texte est remarqué pour ses « mots explosifs » écrits dans une « ivresse empoisonnée », qui évoquent le souvenir d'une vie passée d'oisiveté et l'absurdité de la survie en temps de disette.

Enfermement et révolte

Le récit se caractérise par une « confession brutale » d'une femme asservie par son mari, qui croit son corps librement accessible. Sa fille est décrite comme « une usurière qui la met à nu », et le texte se distingue par sa « rage négatrice » et ses « métaphores crues et sales », qui donnent à voir une révolte féminine qui semble avoir été écrite un siècle plus tard.

Amour et identité

L'amour et les sentiments maternels y apparaissent comme des inventions d'écrivains, et Elena trompe son mari avec elle-même, ainsi qu'avec d'autres hommes. Le roman explore l'interaction complexe entre dégoût et attirance, entre violence et amour, envers d'autres corps comme envers le sien, qui est dépeint comme une prison.

Traduction et parution

Traduit du russe par Doussia Ergaz et préfacé par Julia Kerninon, le livre est décrit par cette dernière comme une « transfusion d'âmes », et elle qualifie Bakounine de « pieuvre aux aguets ». Le roman doit paraître le 15 octobre aux éditions Mater et est disponible en librairie.