AMF relève des lacunes dans les conseils sur les SCPI

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a constaté que quatre prestataires de services d'investissement n'informent pas ou ne conseillent pas suffisamment leurs clients sur les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI). Le régulateur souligne que les rapports d'adéquation omettent souvent d'expliquer pourquoi une SCPI devenue difficile à revendre ou ayant perdu de sa valeur reste considérée comme adaptée à un investisseur.

Un examen portant sur des établissements précis

L'examen de l'AMF a porté sur quatre établissements de tailles et de profils variés, entre janvier 2022 et le premier semestre 2026. Le régulateur précise toutefois que ce groupe ne représente pas l'ensemble du secteur et qu'aucune évaluation statistique de la profession dans son ensemble n'a été réalisée.

Des risques liés aux SCPI qui ont évolué

L'AMF a comparé les pratiques actuelles à juillet 2023, moment où les difficultés du marché immobilier ont commencé à affecter certaines SCPI. Depuis, les investisseurs sont confrontés à des problèmes tels que la baisse de la valeur des parts, l'allongement des délais de retrait et la difficulté à sortir de leurs placements, ce qui a accru les risques encourus.

Des établissements conscients de la situation mais peu réactifs

Les établissements examinés ont généralement reconnu la dégradation de la situation des SCPI, mais n'ont pas systématiquement mis à jour leurs conseils. L'AMF note que certaines pratiques non conformes, déjà présentes avant la crise, se sont poursuivies même après l'apparition des tensions sur le marché.

Plus qu'une question de performance

L'AMF souligne que la capacité à revendre les parts et le temps nécessaire pour récupérer le capital investi sont des facteurs essentiels dans les placements en SCPI. Une SCPI peut continuer à verser des revenus même si elle rencontre des problèmes de liquidité, ce qui doit être clairement communiqué aux investisseurs.

Faiblesses en matière de conformité et de documentation

L'AMF a relevé plusieurs faiblesses dans le fonctionnement des établissements examinés, notamment l'absence de critères clairs pour l'examen des SCPI, un suivi insuffisant des communications avec les clients et des mesures insuffisantes pour prévenir une concentration excessive des investissements dans les SCPI.

Certaines pratiques s'améliorent

L'AMF a également relevé des approches plus responsables, comme le retrait des SCPI peu performantes des gammes proposées, la formation des conseillers aux risques de liquidité et la communication directe avec les investisseurs existants. Certains établissements ont privilégié le conseil en investissement plutôt que la simple exécution des ordres.

L'AMF insiste sur l'importance d'un conseil continu

Le régulateur insiste sur le fait que la qualité du conseil au moment de l'investissement, ainsi que l'information fournie tout au long de la période de détention, sont déterminantes. Ce constat intervient alors que le marché reconnaît de plus en plus que la difficulté à vendre des parts peut être aussi préoccupante que l'évolution de leur valeur.